Les migrants doublent leur soutien économique familial en 10 ans

Un rapport récent de l’Organisation des Nations unies (ONU) révèle que les envois de fonds des migrants vers les pays à faible ou moyen revenu devraient atteindre 728,6 milliards de dollars d’ici 2025, soit un doublement par rapport à il y a dix ans. Ce phénomène économique significatif met en lumière le rôle crucial que ces transferts jouent dans le soutien des familles à travers le monde, notamment dans les régions rurales.

Selon le rapport, environ 233 milliards de dollars de ces fonds atteindront les économies rurales en 2025. Ces transferts financiers permettent aux foyers récipiendaires d’investir environ 22 milliards de dollars par an dans le développement des systèmes agroalimentaires locaux. Cela démontre l’importance des envois de fonds dans la transformation et l’amélioration des conditions de vie en milieu rural, souvent défavorisé.

Les sommes transférées ne se limitent pas à couvrir des besoins quotidiens : elles jouent un rôle fondamental en cas de catastrophes naturelles. Les envois de fonds permettent aux familles impactées par des chocs climatiques de surmonter leurs pertes de revenus ou de procéder à une reconstruction après une catastrophe. Pedro de Vasconcellos, responsable du Mécanisme de financement des envois de fonds du Fonds international de développement agricole (FIDA), souligne que ces flux financiers, bien qu’impressionnants, concernent avant tout des familles et changent leur vie quotidienne.

Le phénomène est particulièrement accentué en Amérique latine et dans les Caraïbes, où les États-Unis représentent une source majeure de ces fonds. En 2025, les transferts de fonds constituaient environ 30 % du produit intérieur brut (PIB) du Honduras, 28 % de celui du Salvador et 27 % de celui du Nicaragua. Cela illustre l’impact formidable que les envois de fonds peuvent avoir sur les économies nationales.

La région Amérique latine et Caraïbes a connu la plus forte hausse des transferts sur la dernière décennie, avec une augmentation de 132 %, atteignant 168,6 milliards de dollars. En parallèle, la région Asie-Pacifique reste le plus grand bénéficiaire, totalisant 384,9 milliards de dollars, soit 53 % du total mondial. L’Afrique, quant à elle, a reçu 124,2 milliards de dollars, enregistrant une augmentation de 86 % depuis 2016.

Face à ces chiffres, le FIDA appelle à réduire les coûts des transferts et à améliorer leur transparence, tout en assurant un accès élargi aux services financiers pour les bénéficiaires. Une telle démarche permettrait de maximiser l’impact positif de ces fonds, en garantissant qu’une plus grande part des transferts parvienne directement aux familles.

En somme, les envois de fonds des migrants représentent une source capitale de soutien économique pour de nombreux pays, transformant des vies et jouant un rôle stabilisateur face aux défis climatiques et économiques. La communauté internationale est appelée à faciliter ces transactions, afin de renforcer leur efficacité et de soutenir le développement durable des communautés récipiendaires.