Mission foncière : bilan du ministre Halata après 10 jours
Le ministre Mahamat Assileck Halata dresse le bilan de sa tournée sur la gestion du foncier au Tchad
Le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat du Tchad, Mahamat Assileck Halata, a présenté le rapport de sa mission de dix jours effectuée dans plusieurs provinces du pays. Du 27 août au 6 septembre 2026, cette tournée visait à évaluer la situation des délégations provinciales, la gestion des réserves foncières de l’État, ainsi que plusieurs dossiers de litiges fonciers.
Constats et défis rencontrés
Lors de sa conférence, le ministre a souligné les difficultés majeures rencontrées par les agents de son département dans différentes provinces. Parmi ces difficultés, on note le manque de personnel, ainsi que des moyens matériels et techniques insuffisants. Malgré ces contraintes, Mahamat Assileck Halata a reconnu le dévouement des agents, réaffirmant la nécessité d’un renforcement des capacités des délégations provinciales à la lumière des observations faites sur le terrain.
Réserves foncières et urbanisation
La tournée a permis de découvrir que dans la province du Guéra, à Mongo, il existe 158 réserves foncières, dont 83 sont affectées, 63 restent disponibles et 12 sont morcelées. Un focus a été mis sur le cas particulier d’une réserve qui aurait été vendue illicitement, incitant le ministre à demander une vérification de son statut et l’identité de l’acheteur.
Parallèlement, des efforts ont été engagés pour allouer des terrains à des projets de logements sociaux portés par la SOPROFIM. À Mongo, 30 hectares ont ainsi été affectés à cet effet. Dans le Salamat, à Am-Timan, l’état des réserves foncières a suscité le besoin urgent de leur immatriculation et d’une signalisation claire de leur statut.
Performance des délégations : un enjeu crucial
La question de la mobilisation des recettes a été centrale dans cet audit. Le ministre a exprimé des inquiétudes concernant les faibles performances en termes de recettes locales à Am-Timan. À l’inverse, la délégation du Wadi Fira a enregistré des recettes prometteuses, s’élevant à 653 664 727 francs CFA en date du 15 août 2026. Cette performance remarquable pourrait conduire à un renforcement des ressources pour cette délégation.
La question sensible des attributions foncières
À Abéché, l’installation des bijoutiers près de la place de l’Indépendance a été largement discutée. Le ministre Halata a clarifié que cette décision s’inscrivait dans une logique sécuritaire, suite à des incidents de banditisme ciblant les orpailleurs. Tout en écartant les allégations de vente du terrain à des particuliers, il a réaffirmé son statut foncier réservé à l’armée. Cette installation n’empiète pas sur les activités traditionnelles de la place.
Vers une réorganisation foncière
Dans le Wadi Fira, les attributions foncières non conformes ont été un point de préoccupation. Le ministre envisage une réorganisation de ces attributions, instaurant un passage obligé par la commission locale de l’urbanisme, présidée par le gouverneur. Cette mesure vise à structurer davantage la gestion foncière et urbaine.
En conclusion de sa tournée, le ministre Mahamat Assileck Halata a réaffirmé l’engagement de son département à renforcer le contrôle des réserves foncières de l’État, améliorer l’efficacité des délégations provinciales et assurer l’encadrement rigoureux des opérations urbanistiques. Cette démarche veut répondre aux défis identifiés et instaurer une gestion foncière transparente et efficiente sur l’ensemble du territoire tchadien.