« Mombasa : 15 pays unis contre la pêche illégale »
Quinze pays s’allient contre la pêche illégale : La Déclaration de Mombasa
La pêche illégale est un fléau qui affecte la durabilité des ressources marines et la subsistance des communautés côtières. Pour répondre à ce défi, quinze pays ont signé mercredi à Mombasa, au Kenya, une déclaration conjointe visant à renforcer les efforts de lutte contre ce phénomène préoccupant. Par cette « Déclaration de Mombasa », les signataires s’engagent à améliorer le partage d’informations sur les mouvements, les activités et la propriété des navires de pêche.
Un engagement collectif
Les pays ayant ratifié cette déclaration comprennent la Belgique, le Cameroun, le Chili, la République dominicaine, la France, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Panama, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pérou, la Somalie, la Corée du Sud, et la République du Congo. Cette initiative répond à l’urgence de mieux encadrer une industrie de la pêche souvent marquée par l’opacité et les pratiques non réglementées.
L’objectif principal de cette coopération est de lutter plus efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), tout en évitant la surpêche et en protégeant les fonds marins. La déclaration met en lumière l’importance cruciale de la transparence pour prévenir et éliminer les activités illégales qui compromettent les ressources halieutiques et l’environnement marin.
Des enjeux pour les communautés locales
Cette démarche est particulièrement significative pour les pêcheurs artisanaux des pays du Sud, qui dépendent des ressources marines pour leur subsistance. Ces dernières années, ils ont exprimé des préoccupations croissantes face aux dommages causés par les grands chalutiers étrangers sur les stocks de poissons et l’écosystème marin. La Déclaration de Mombasa vise à enrayer ces pratiques destructrices en facilitant le suivi et le contrôle des navires à travers un échange d’informations renforcé.
Les grands absents
Toutefois, il est notable qu’aucun des grands acteurs mondiaux de la pêche, tels que la Chine, l’Indonésie, la Russie, l’Inde ou les États-Unis, n’a signé ce document. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces pays représentent ensemble plus de la moitié des captures mondiales de poissons et produits de la mer en 2024. Leur absence soulève des questions sur la portée réelle de cette initiative sans leur participation active.
Un appel à une action globale
Bien que cette déclaration représente un pas dans la bonne direction, elle met également en évidence la nécessité d’une action globale concertée impliquant les grands acteurs de l’industrie de la pêche. Les signataires soulignent que l’opacité actuelle dans le secteur de la pêche « compromet les efforts » visant à réguler les activités illégales, et appellent à une plus grande collaboration internationale pour surmonter ces défis.
Perspectives d’avenir
Les responsables des pays signataires espèrent que cette déclaration inspirera d’autres initiatives similaires et encouragera plus de pays à rejoindre cette cause commune. En œuvrant ensemble pour accroître la transparence, renforcer la surveillance et améliorer le partage d’informations, la communauté internationale pourrait progresser vers une exploitation durable et équitable des ressources marines.
En conclusion, si la Déclaration de Mombasa est un tournant prometteur dans la lutte contre la pêche illégale, elle rappelle également l’urgence d’un engagement global pour sauvegarder nos océans et protéger les moyens de subsistance des millions de personnes qui en dépendent. Les prochains efforts devront inclure des mesures concrètes d’application et une sensibilisation accrue pour réussir à enrayer véritablement la pêche illégale à l’échelle mondiale.