Naïr Abakar : relever les défis du sport tchadien avec le Gouvernement Allah Maye III

Remaniement au Tchad : Naïr Abakar nommé ministre des Sports

Un changement inattendu s’est produit le 1er avril au sein du gouvernement d’Allah-Maye Halina avec la nomination de Naïr Abakar au poste de ministre de la Jeunesse et des Sports.

L’annonce a pris tout le monde de court, même l’entourage proche d’Abakar. La scène se déroule à l’aéroport de Bujumbura. En salle d’embarquement, Naïr Abakar attend son vol en compagnie de Raoul Savoy, le sélectionneur national. Avec la discrétion d’un simple trajet, rien ne semblait indiquer l’onde de choc à venir. Tout a basculé lorsque Marius Mouandilmadji, capitaine des Sao, a prononcé la nouvelle : « Naïr est ministre des Sports ». Cette déclaration a provoqué l’étonnement du groupe, mobilisant téléphones et attentions autour du nouveau ministre.

Jusqu’à ce moment, Naïr Abakar évoluait dans les coulisses du football tchadien. Ancien vice-président du comité de normalisation de la Fédération tchadienne de football, il avait su naviguer avec aisance dans les structures sans s’exposer politiquement. Pourtant, ce saut dans l’inconnu intervient après une période de turbulence pour le football national, marquée par une défaite cuisante contre le Burundi.

Lucide face aux défis qui l’attendent, Abakar a exprimé la nécessité d’une révision complète du système sportif du pays. Conscient des problèmes, il prônait déjà une refondation du football tchadien, mettant un accent particulier sur la formation avec des initiatives comme l’ouverture de l’académie de Farcha.

Né en 1991, Naïr Abakar s’est d’abord illustré en 2017 en lançant le Forum des étudiants africains de N’Djamena, rassemblant des jeunes venus de tout le continent. Il a ensuite continué de s’impliquer dans des initiatives citoyennes, dont la Semaine de la citoyenneté au lycée Félix Éboué, inspirée par le maréchal Idriss Déby Itno.

Après la disparition de ce dernier en 2021, Abakar s’est fait plus discret sur la scène publique, mais a maintenu son engagement dans le développement du football. En participant à la détection de jeunes talents, notamment au Cameroun, il s’est rapproché de figures emblématiques du football africain, telles que Samuel Eto’o.

Son passage au comité de normalisation a marqué un tournant. Durant trois ans, il a contribué à la restructuration de la fédération, jusqu’à l’élection d’une nouvelle équipe dirigeante. Son travail dans l’organisation du championnat national a été salué, bien que ponctué de controverses sur d’éventuelles influences internes.

Aujourd’hui, Abakar prend la tête d’un ministère en difficulté. L’élimination de l’équipe nationale de la course à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) après une lourde défaite face au Burundi souligne le vaste chantier qui l’attend. D’autres disciplines, comme le basketball et le handball, peinent également à faire rayonner le Tchad au niveau international.

En plus de ces défis sportifs, Naïr Abakar doit faire face à des problèmes structurels cruciaux : des infrastructures inachevées, à l’image du stade Idriss Mahamat Ouya, le financement du championnat national, et la relance des États généraux du sport. Sa prise de fonction se révèle brutale, mais simultanément, elle ouvre une phase décisive pour le sport tchadien. Les attentes sont élevées et les résultats urgents, plaçant Naïr Abakar sous les feux des projecteurs dès ses premiers pas en tant que ministre.