N’Djamena : les caniveaux stagnants, un cauchemar sanitaire
N’Djamena : des caniveaux stagnants compromettent la santé publique
À N’Djamena, la capitale du Tchad, des problèmes d’assainissement persistent au cœur des quartiers populaires. Les caniveaux, censés évacuer les eaux usées et pluviales, se retrouvent souvent obstrués, laissant l’eau stagner, un phénomène qui soulève de sérieuses préoccupations sanitaires.
Ces caniveaux, mal inclinés, ne remplissent pas leur fonction de drainage comme prévu. Au lieu de permettre l’écoulement efficace des eaux, ils se transforment en véritables dépotoirs où les eaux usées se mélangent à des déchets, créant un environnement propice à la prolifération des moustiques. Cette situation affecte directement le quotidien des riverains. « L’odeur est insupportable, et la stagnation de l’eau attire non seulement les moustiques, mais aussi d’autres nuisibles », s’insurge Eleazar, habitant du 7e arrondissement.
Les conséquences de ce manquement sont des cas de paludisme qui ne cessent d’augmenter. Le ministère de la Santé publique a rapporté plus de 2,4 millions de cas de paludisme en 2025, conséquence directe des conditions de vie dégradées dans des zones où la population est exposée à des insectes vecteurs, comme les moustiques. Un résident de Chari-Mongo explique : « À partir de 18 heures, il devient impossible de profiter de l’extérieur à cause des moustiques ; nous sommes contraints de rester à l’intérieur. »
La question du respect des pentes d’inclinaison des caniveaux est essentielle. Selon les habitants, une bonne conception des infrastructures aurait permis d’éviter cette stagnation. « La pente doit respecter le sens d’écoulement des eaux pour garantir une vidange complète. Si les caniveaux sont au même niveau, l’eau ne peut pas s’écouler, et la stagnation apparaît », précise Eleazar. Cette problématique d’aménagement affecte les efforts des autorités visant à prévenir les inondations, la ville devant faire face à divers défis environnementaux.
Les témoignages des habitants révèlent une détérioration de leur qualité de vie. Epiphanie, résidente du quartier Habena, fait remarquer qu’il fut un temps où les moustiques se faisaient rares hors de la saison des pluies. Aujourd’hui, leur présence est constante et nuit au sommeil des habitants. « Nous ne pouvons plus dormir sans moustiquaire, même en dehors de la saison des pluies », déplore-t-elle.
Avec une démographie croissante à N’Djamena, le besoin d’infrastructures adéquates en matière d’assainissement devient impératif. Les autorités locales et les citoyens doivent travailler de concert pour remédier à ces insuffisances. Des mesures doivent être prises immédiatement pour éviter que les caniveaux ne se transforment en véritables nids à moustiques, compromettant ainsi la santé publique.
En conclusion, la situation actuelle à N’Djamena met en lumière l’importance d’un urbanisme réfléchi et d’une gestion efficace des infrastructures d’assainissement pour améliorer la qualité de vie des habitants. L’effort collectif entre les autorités et la population est essentiel pour faire face à ces enjeux critiques de santé publique et garantir un cadre de vie sain.