N’Djamena : Deux ans ferme demandés, la défense parle d’accusations

Trafic de drogue à N’Djamena : Deux ans ferme requis, la défense dénonce des accusations infondées

Le tribunal de grande instance de N’Djamena a récemment examiné une affaire de trafic de stupéfiants qui a mis en lumière des accusations graves à l’encontre de deux prévenus. Ce procès, qui s’est tenu le mardi 1er septembre 2026, soulève des questionnements sur la nature des accusations portées et sur la manière dont la justice est rendue dans ce contexte délicat.

Les prévenus, actuellement détenus à la maison d’arrêt de Klessoum, ont comparu devant le tribunal face à des chefs d’accusation qui ont évolué au fil des audiences. Le ministère public a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme pour chaque accusé, mettant en lumière des liens présumés avec un réseau de trafic de drogue reliant le Tchad, la Libye et le Niger. Le premier prévenu, identifié comme un chauffeur de profession, aurait eu l’habitude de passer ses nuits chez le second, présenté comme un leader communautaire à Kouri Bougoudi.

Initialement, les deux hommes faisaient face à des accusations de meurtre, cependant, ces charges ont été requalifiées en trafic de stupéfiants et complicité à mesure que le procès progressait. Cette évolution soulève la question de la solidité des preuves et des véritables motivations poursuivies par le parquet.

La défense, tout en plaidant vigoureusement en faveur des prévenus, a dénoncé la nature supposée des accusations qui, selon eux, s’appuieraient sur des informations non vérifiées. L’un des avocats a particulièrement insisté sur le fait que le prévenu Y avait été précédemment suspecté de complicité dans un meurtre qui aurait eu lieu dans sa communauté. Ce dernier aurait été désigné comme le « cerveau » de l’assassinat en raison de son absence aux funérailles de la victime, une situation qui, selon la défense, n’aurait pas été soutenue par des preuves tangibles.

« Personne n’a jamais entendu parler de ces meurtres, pas même la presse. Aucune trace des corps prétendument tués n’a été retrouvée, ce sont des faits purement inventés », a déclaré l’avocat, appelant le tribunal à faire preuve d’impartialité dans son jugement.

À l’issue des débats, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré, laissant les prévenus dans l’attente d’un jugement qui sera rendu prochainement. Ce cas soulève des préoccupations sur la gestion des affaires de trafic de drogue dans la région, ainsi que sur les droits des accusés et l’intégrité du système judiciaire au Tchad.

Les observateurs espèrent que ce procès ne sera pas seulement une affaire de statistiques, mais aussi un véritable examen des procédures judiciaires et des droits de la défense, dans un cadre où les accusers doivent prouver leurs allégations au-delà de tout doute raisonnable.