N’Djaména : insécurité grandissante pour les motocyclistes malgré les contrôles nocturnes
N’Djaména : L’Insécurité des Motocyclistes Préoccupe
À N’Djaména, la capitale tchadienne, l’insécurité gagne du terrain, en particulier pour les motocyclistes. Dans des quartiers comme Walia, situé dans le 9e arrondissement, les agressions contre ces conducteurs se multiplient. Malgré les patrouilles de police, les habitants s’interrogent sur l’efficacité des mesures de sécurité.
Les agressions, souvent bien orchestrées, surviennent principalement la nuit, mais de plus en plus également en pleine journée. Les agresseurs, bien organisés, changent fréquemment d’itinéraire pour éviter les patrouilles. « Les cas d’agression sont presque quotidiens », rapporte une infirmière de l’hôpital Le Bon Samaritain de Walia, qui reçoit de nombreuses victimes chaque semaine.
Elle explique que les urgences voient défiler un nombre croissant de personnes blessées par arme blanche. « Les agressions à moto se produisent souvent entre 21h et minuit. Les victimes arrivent avec des blessures profondes et en état de choc. » Les femmes ne sont pas épargnées et le personnel hospitalier doit gérer, en plus des blessures physiques, des états de stress importants chez ces victimes.
Un exemple récent est celui d’un jeune homme à Chagoua, qui s’est fait couper les doigts pour le vol de sa moto. Transporté aux urgences par des passants, ses parents ont pu être contactés grâce à un numéro enregistré dans son téléphone.
Les récits de victimes se multiplient. Une victime d’une trentaine d’années raconte comment, rentrant du travail vers 22h, elle a été attaquée par deux individus qui lui ont volé sa moto après l’avoir blessée avec une machette. Richard, une autre victime, décrit une scène similaire où il a échappé de justesse à un vol grâce à sa défense : « Ils ont réussi à partir avec ma moto après m’avoir poignardé. »
Les routes reliant l’ancien goudron de Walia au nouveau pont de la Refondation sont particulièrement touchées. Des habitants et usagers témoignent qu’ils entendent souvent des bruits suspects tard le soir. « Quand nous entendons des cris, nous essayons d’intervenir si possible », expliquent-ils.
Des cas similaires ont été signalés dans le 6e arrondissement, notamment à Moursal fin mai, où un jeune homme a été attaqué en plein après-midi. Ses agresseurs l’ont dépouillé de sa moto et l’ont grièvement blessé avant que les jeunes du quartier n’interviennent pour le conduire aux urgences.
Face à cette recrudescence de la violence, les habitants de N’Djaména s’inquiètent de plus en plus. Les contrôles nocturnes ne semblent pas suffire pour enrayer le phénomène, et la population appelle à une réaction rapide et efficace des autorités pour ramener la sécurité dans les rues. Cette montée des agressions interroge sur les stratégies de sécurité publique dans la capitale et le besoin pressant d’actions concrètes pour protéger les citoyens.