N’Djamena : la vente de terrains en question face au cadastre manquant et aux tensions juridiques
Affaire de vente de terrains examinée au tribunal de N’Djamena : un homme derrière les barreaux
Une affaire de vente de terrains a été examinée ce mardi 27 janvier 2026 au tribunal de grande instance de N’Djamena, mettant en lumière des accusations d’escroquerie contre un homme âgé, actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Klessoum.
Le prévenu, dont l’identité n’a pas été divulguée, est accusé d’avoir trompé une autre personne en vendant un terrain dont la légitimité est contestée. L’affaire se concentre sur un terrain situé à Fandoré, dans le 10ᵉ arrondissement de la capitale tchadienne. Le prévenu prétend avoir acquis ce terrain, mais selon les documents cadastraux, il se trouverait en réalité à Ngabo, dans le 8ᵉ arrondissement. En outre, il soutient qu’il aurait été victime d’une vente frauduleuse, ayant appris que le même terrain aurait été proposé à un tiers.
Dans sa défense, le suspect déclare qu’un autre terrain lui aurait été promis, bien qu’aucune inscription ne figure sur le plan cadastral. Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais vendu le terrain contesté à quiconque et se décrit comme une victime d’un vol : sa carte d’identité aurait été détournée par des individus malintentionnés, qui l’auraient utilisée pour réaliser une opération frauduleuse à son insu. "Ils ont mis mon nom comme vendeur", a-t-il affirmé lors de l’audience.
Son avocat a plaidé pour une mise en liberté provisoire, invoquant l’état de santé dégradé de son client, et a souligné que cette décision permettrait également au parquet de mener une investigation plus approfondie concernant l’existence du second terrain promis, qui, selon le prévenu, pourrait exister sur place mais resterait inexistant dans les enregistrements cadastraux.
La partie civile, opposée à cette demande de libération, a qualifié l’accusé de "difficile à appréhender", arguant que sa proximité avec le milieu criminel compliquait les efforts pour résoudre cette affaire. Le ministère public a indiqué qu’il se prononcera sur la demande de liberté provisoire au cours du week-end prochain. L’affaire est actuellement en délibéré, et son dénouement pourrait avoir des répercussions significatives sur d’éventuelles futures transactions immobilières et sur la confiance des citoyens envers la justice dans le domaine de l’urbanisme au Tchad.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la régularité des transactions foncières et l’intégrité du système cadastral, déjà critiquée dans le passé. Les instances judiciaires continuent de faire face à des défis importants liés à la validation des documents de propriété et à la lutte contre la fraude immobilière, un sujet de préoccupation croissante pour de nombreux citoyens.