N’Djamena : le brouillard persistant met en danger la santé respiratoire des habitants

Une inquiétude croissante face aux impacts sanitaires du brouillard à N’Djamena

Le phénomène de brouillard persistant à N’Djamena soulève des préoccupations majeures en matière de santé publique, au-delà des désagréments causés à la circulation.

Depuis plusieurs jours, la capitale tchadienne est enveloppée par un brouillard dense, rendant la conduite difficile pour les automobilistes et motocyclistes, forcés de rouler au ralenti avec leurs feux allumés. Cette situation entraîne non seulement une gêne dans les déplacements quotidiens des habitants, mais suscite également des craintes vis-à-vis de la qualité de l’air ambiant. Les conditions météorologiques actuelles, marquées par une forte humidité et une concentration accrue de particules dans l’air, aggravent les problèmes respiratoires chez bon nombre d’habitants.

Le Dr Brahim Mahamat, médecin spécialiste des maladies respiratoires à N’Djamena, met en avant les dangers que représente ce brouillard pour les personnes déjà atteintes de troubles respiratoires. « La combinaison de l’humidité, de la poussière et de la pollution atmosphérique intensifie considérablement les symptômes chez les patients asthmatiques », précise-t-il. Le praticien souligne également que l’humidité a tendance à contracter les bronches, menant à une augmentation des crises d’asthme. Les hôpitaux et cliniques constatent une hausse notable des consultations liées à ces urgences respiratoires au cours des derniers jours.

Les recommandations pour les personnes asthmatiques sont claires : éviter toute exposition prolongée à l’air extérieur, surtout à des moments critiques comme tôt le matin ou tard le soir. Le respect du traitement médical et le fait de garder un inhalateur à portée de main sont également des impératifs.

Les enfants, les personnes âgées et les individus souffrant de maladies chroniques apparaissent comme les plus vulnérables face à cette situation. La rapidité d’intervention lors des crises respiratoires est primordiale, car un simple retard peut conduire à des complications plus graves.

Les professionnels de santé mettent en avant plusieurs mesures préventives à prendre. Parmi elles, la limitation des sorties non essentielles, le port de masques adaptés pour filtrer les particules et l’aération des habitations lorsque la qualité de l’air est relativement meilleure en milieu de journée. Les alertes doivent être données rapidement en cas de symptômes tels que respiration sifflante, oppression thoracique ou essoufflement inhabituel.

Si le brouillard en soi est un phénomène temporaire, sa persistance rappelle l’importance d’une vigilance accrue en matière de santé publique à N’Djamena. Au-delà des conseils individuels, il serait judicieux de considérer des solutions à moyen et long terme. Les autorités sanitaires pourraient renforcer la surveillance de la qualité de l’air et mettre en place des dispositifs tels que des capteurs de pollution. La publication régulière de bulletins d’information sur la qualité de l’air est également recommandée pour tenir la population informée.

Des campagnes de sensibilisation pourraient aussi être menées à l’échelle communautaire, utilisant les radios locales et les réseaux sociaux pour éduquer sur les gestes à adopter en cas de brouillard ou de forte pollution de l’air. Dans un souci de réduire les sources de pollution, un contrôle technique des véhicules plus strict et une lutte active contre les brûlis et les dépôts d’ordures sauvages peuvent être envisagés. De plus, la promotion des transports collectifs pourrait contribuer à un air plus sain en milieu urbain.

Par ailleurs, une attention particulière doit être apportée à la protection des populations vulnérables. Cela inclut l’établissement de dispositifs d’alerte dans les écoles et les centres de santé, afin d’adapter les activités physiques des enfants lors des périodes de brouillard dense.

En attendant une amélioration des conditions météorologiques, la prudence demeure la meilleure voie à suivre pour protéger la santé de la population dans la capitale tchadienne. Les enjeux liés à la qualité de l’air et aux crises sanitaires qu’il engendre montrent qu’il est essentiel d’agir collectivement et de manière responsable face à ces défis environnementaux.