N’Djamena : le Tchad en première ligne pour renforcer la production de blé en Afrique
La Réunion de N’Djamena : Un Pas Vers la Réhabilitation de la Filière Blé au Tchad
Face à la montée démographique et aux défis engendrés par le changement climatique, le blé émerge comme une culture clé pour l’avenir de l’Afrique. C’est dans ce contexte que la rencontre de N’Djamena s’inscrit, symbolisant un tournant décisif entre la planification et l’action concrète, avec l’institutionnalisation du Centre national de spécialisation sur le blé (CNS-Blé) au Tchad.
Un État des Lieux Historique
Le directeur général de l’Institut tchadien de recherche agronomique pour le développement (ITRAD), Abdelkader Altidjani Koiboro, a ouvert le bal des interventions en évoquant les fondements historiques de l’agriculture céréalière au Tchad. Il a mis en lumière le rôle essentiel que le pays jouait dans la production et la transformation du blé en Afrique centrale. « Dans un passé récent, le Tchad était une plaque tournante, avec ses polders qui alimentaient le Grand Moulin du Tchad, capable de produire plus de 10 000 tonnes de farine par an, approvisionnant plusieurs nations avoisinantes », a-t-il déclaré. Ce rappel historique souligne un potentiel de production indéniable dans la région. Pour Koiboro, la combinaison d’innovations technologiques, de recherches scientifiques et de politiques agricoles audacieuses peuvent ramener la filière blé au cœur de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle au Tchad.
Contexte Économique et Réponse Politique
Le ministre de la Production et de la Transformation agricole, Keda Ballah, a procédé à l’ouverture officielle des débats, soulignant la pertinence de cette conférence dans un contexte économique tendu, caractérisé par une forte pression sur les marchés alimentaires internationaux. Il a exprimé des inquiétudes sur la dépendance croissante de nombreux pays africains à l’égard des importations de céréales, notamment le blé.
Ballah a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de prendre des mesures significatives pour accroître sa production de blé, nuançant l’impact de cette dépendance sur les prix et l’accès à ces denrées alimentaires. « Avec la hausse des prix des importations, le blé et ses dérivés deviennent de moins en moins accessibles, plaçant ainsi la sécurité alimentaire à risque », a-t-il déclaré.
Synergie et Collaboration Régionale
Le ministre a également salué l’initiative conjointe du Réseau pour le développement du blé en Afrique de l’Ouest et du Centre, en partenariat avec le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF). Cette dynamique d’action a vu l’instauration d’une conférence annuelle regroupant les acteurs publics et privés, favorisant le dialogue autour du développement de la filière blé. Ce format collaboratif pourrait devenir fondamental pour catalyser les efforts en matière de recherche, d’innovation et de politiques publiques.
Une Présentation des Objectifs de la Conférence
La réunion a été marquée par des discussions sur les défis spécifiques rencontrés par la filière blé en Afrique. Les experts se sont penchés sur la nécessité d’adopter des variétés plus résistantes et adaptées aux conditions climatiques du continent. Il a également été question des infrastructures et des technologies à développer pour soutenir la chaîne de valeur du blé, de la production à la transformation.
En outre, la conférence a permis de favoriser un échange de bonnes pratiques entre les différents pays de la région. Les participants ont partagé des expériences réussies et des stratégies d’adaptation face aux vulnérabilités actuelles du secteur.
Importance Stratégique du Blé en Afrique
L’importance du blé comme culture stratégique pour l’Afrique ne peut être sous-estimée. En plus de sa place dans l’alimentation quotidienne, sa production peut également générer des emplois et dynamiser les économies locales. La transformation locale est perçue comme un levier potentiellement majeur pour les économies rurales.
L’avenir de la filière blé au Tchad et en Afrique dépendra d’une action collective et d’une volonté politique forte. Ce rassemblement de N’Djamena représente un premier pas vers un avenir où l’Afrique pourrait réduire sa dépendance vis-à-vis des importations tout en garantissant sa sécurité alimentaire.
Conclusion
À travers cette initiative, représentée par le CNS-Blé, les leaders africains posent les jalons d’un projet ambitieux visant à faire du blé une culture phare, contribuant ainsi à la résilience et à la souveraineté alimentaire du continent. L’atteinte de cet objectif dépendra désormais de la capacité à conjuguer efforts locaux, innovations, et soutiens politiques. Un chemin encore long, mais potentiellement enrichissant pour les générations futures.