N’Djamena : lutte intense contre la mendicité et l’exploitation

N’Djamena : vaste coup de filet contre la mendicité et l’exploitation des enfants

Le 9 septembre 2026, N’Djamena a vu une opération d’envergure contre la mendicité qui a conduit à l’interpellation de plus de 350 personnes. Cette initiative, lancée le 7 septembre, s’est concentrée sur les grands carrefours, les marchés et les voies principales de la capitale, ciblant spécifiquement les pratiques liées à la mendicité et à l’exploitation des enfants.

L’opération a impliqué des femmes, des marabouts ainsi que de nombreux enfants, tant de nationalité tchadienne qu’étrangère. Les mineurs interpellés ont été conduits au Commissariat Central Numéro 2 de Ndjari, dans le 8e arrondissement, où une enquête a été ouverte pour démêler le tissu réel des réseaux d’exploitation présumés.

Les services de sécurité, dans leurs premiers rapports, évoquent un phénomène inquiétant : selon les témoignages recueillis, certains enfants seraient contraints de mendier jour après jour, reversant une majeure partie de leurs gains à des encadreurs qui profitent de leur situation précaire. Cette exploitation soulève des questions sur la protection des enfants et l’impératif de garantir leurs droits fondamentaux.

Lors de la présentation des interpellés, le commissaire divisionnaire de police Mahamat Bichara Adam, en poste au Commissariat Central numéro 1 de N’Djamena, a précisé que ces pratiques sont prohibées par les articles 184 à 188 du Code pénal tchadien ainsi que par la loi n°006/PR/2018 relative à la lutte contre l’exploitation des enfants. Il a également souligné que les personnes arrêtées seraient orientées vers les structures compétentes pour établir les responsabilités et traiter ces affaires avec la rigueur nécessaire.

La présentation a eu lieu en présence de plusieurs figures politiques et sécuritaires importantes, notamment de la ministre d’État, ministre de la Femme et de la Petite Enfance, Kitoko Gata Ngoulou, du directeur général adjoint de la Police nationale, le contrôleur général Paul Manga, et du secrétaire général du ministère, Chérif Allatchi Galma. Ces responsables ont exprimé leur engagement à mener des actions concrètes pour protéger les enfants et lutter contre la mendicité forcée.

Cette opération à N’Djamena s’inscrit dans une dynamique plus large de sensibilisation aux droits des enfants et de lutte contre toutes les formes d’exploitation. Les autorités judiciaires et sécuritaires semblent déterminées à prendre des mesures strictes pour endiguer ce phénomène, considéré comme une atteinte non seulement à l’ordre public, mais également à la dignité humaine des plus vulnérables.

La situation rappelle l’importance d’une mobilisation collective de la société civile, des institutions et des familles dans la lutte contre la mendicité et l’exploitation. Un regard attentif sur les causes profondes de ces pratiques est essentiel pour élaborer des politiques de prévention efficaces et offrir des alternatives viables aux enfants et aux familles en difficulté.

En conclusion, l’opération menée à N’Djamena représente une réponse ferme aux défis posés par la mendicité et l’exploitation des enfants. Cependant, elle soulève également des interrogations sur les réalités socio-économiques qui poussent tant de familles à voir leurs enfants dans une si précaire situation. Pour avancer, un travail concerté s’impose, impliquant tous les acteurs concernés dans la lutte pour la protection et le bien-être des enfants.