N’Djamena : Miskine devant la chambre criminelle le 24 août

N’Djamena : Le dossier d’Abdoulaye Miskine prévu devant la chambre criminelle le 24 août 2026

Le cas de Martin Koumtamadji, plus connu sous le nom d’Abdoulaye Miskine, a été inscrit pour une audience devant la première chambre criminelle de N’Djamena, fixée au lundi 24 août 2026. Ce dossier, portant le numéro de répertoire 093/22, implique également trois autres coaccusés : Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdel-Aziz Gros. Notons que l’État tchadien sera constitué partie civile dans cette procédure.

Les accusations portées contre les accusés sont sérieuses et variées, englobant des infractions telles que la création et la participation à des mouvements insurrectionnels, les enlèvements, les séquestrations, les sévices graves, l’assassinat, le viol ainsi que l’extorsion de biens. Les faits sont situés à la frontière entre la République centrafricaine et le Tchad, un aspect qui témoigne de la complexité géopolitique de l’affaire.

Cette audience prévue pour le 24 août représente une nouvelle avancée dans le traitement judiciaire du dossier d’Abdoulaye Miskine et de ses coaccusés. Elle devrait permettre à la justice d’examiner de manière approfondie les accusations formulées et d’entendre les différentes parties concernées. À ce stade de la procédure, il est important de rappeler que les accusés demeurent présumés innocents jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive établisse leur culpabilité.

Abdoulaye Miskine a été arrêté en novembre 2019 à N’Djamena et se trouve incarcéré à la maison d’arrêt de Klessoum depuis plus de six ans sans que son procès ait eu lieu. Ce long délai de détention a suscité des préoccupations au sein des défenseurs des droits de l’homme. En effet, en 2020, la Coordination tchadienne des associations de la partie civile et de défense des droits de l’homme (Cascidho) avait déjà dénoncé sa détention prolongée sans jugement.

La situation d’Abdoulaye Miskine est d’autant plus complexe qu’elle entre dans le cadre d’enjeux régionaux. Il est l’un des membres fondateurs du Foyer démocratique et populaire du Tchad (FDPC) en 2005, a rejoint la coalition Séléka en 2012, et a intégré le gouvernement de réconciliation en 2019 suite à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.

La santé d’Abdoulaye Miskine soulève également des inquiétudes croissantes. Ses avocats, tout comme sa famille, alertent sur la détérioration de son état de santé, qui se manifeste par une insuffisance rénale, de l’hypertension, des troubles de la vision et une perte de poids significative. Me Mamgodibaye Benjamin, son avocat, a exprimé ses craintes concernant une violation des droits fondamentaux de son client, notamment le droit à un procès équitable, lors d’une rencontre avec la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) en 2025.

L’absence d’une perspective claire sur la tenue du procès d’Abdoulaye Miskine souligne les tensions qui existent entre les impératifs de justice et les réalités politiques de la région. Le report de l’audience, initialement prévue, pourrait être attribué à des événements imprévus, tels que le décès d’un greffier, qui a conduit à la nécessité de reprogrammer cette étape cruciale.

Dans un contexte où le respect des droits humains et l’accès à la justice sont largement débattus, le procès d’Abdoulaye Miskine est scrutiné de près par des organisations nationales et internationales, soucieuses de garantir un traitement équitable et transparent dans les affaires judiciaires au Tchad.