
N’Djamena : Tensions Croissantes entre le Syndicat des Chauffeurs et la Mairie sur la Régulation des Gros Porteurs – Découvrez les Enjeux Cruciaux du Jour
Les chauffeurs de gros porteurs au Tchad contestent les nouvelles restrictions horaires de la Mairie de N’Djamena
Dans une atmosphère teintée de désaccord et d’incertitude, la récente décision de la Mairie de N’Djamena, imposant l’entrée des gros porteurs dans la ville exclusivement entre 23 heures et 6 heures du matin, déclenche une vague de mécontentement parmi les chauffeurs et conducteurs de marchandises. Mahamat Saleh, secrétaire du syndicat des chauffeurs et conducteurs du Tchad, a exprimé son profond désaccord avec cette mesure, pointant du doigt les risques croissants d’insécurité tout en plaidant pour une révision de cette décision par les autorités locales en concertation avec le syndicat.
Un milieu économique vital lésé par la restriction
Mahamat Saleh souligne que la nouvelle réglementation n’a pas suffisamment pris en compte la sécurité des transporteurs opérant de nuit sur l’itinéraire stratégique allant du corridor Ngueli au pont à double voie. Selon lui, l’absence de postes de sécurité tout au long de cette route met en danger la sécurité des camionneurs et de leurs précieuses cargaisons, qui représentent un volet crucial de l’économie tchadienne. Il affirme : "Les policiers perçoivent de l’argent quotidiennement, mais échouent à garantir notre sécurité nocturne."
Les chauffeurs, considérés comme le "poumon" de l’économie locale, contribuent significativement aux recettes gouvernementales. Leur sécurité et leur efficacité sont donc des préoccupations majeures non seulement pour eux, mais aussi pour la stabilité économique nationale. Les complications ne sont pas uniquement logistiques ; elles englobent également des enjeux de coordination et de compréhension, d’après Saleh, qui demande une révision des horaires imposés pour permettre aux camions de rentrer après 16 heures ou 20 heures, des moments jugés plus sûrs.
Un débat qui questionne la sécurité des marchandises
Le caractère unique du Tchad, avec son unique pont sur le Chari, exacerbe les problèmes de trafic déjà imposés par une demande élevée de passage à toute heure. Mahamat Saleh pointe du doigt le manque d’anticipation et de préparation du gouvernement par rapport aux autres pays, où l’organisation du transport routier se fait dans un cadre bien établi pour assurer sécurité et efficacité.
Le syndicat des chauffeurs, déterminé à voir améliorer la situation, exhorte les autorités à considérer l’apport substantiel que représenterait la mise à disposition d’agents de sécurité la nuit. Cette demande est justifiée par l’énorme valeur des marchandises transportées, estimées en millions de francs, qui ne peuvent être simplement laissées sans protection. "Laisser ces marchandises en plein air sans sécurité n’est pas envisageable," insiste Mahamat Saleh, prônant l’importance de la consultation collaborative pour une organisation optimale.
Les implications régionales et la nécessité d’un dialogue constructif
La décision de restreindre les mouvements de gros porteurs a déjà commencé à avoir des répercussions économiques et sociales non seulement pour N’Djamena mais potentiellement pour la région dans son ensemble. Le syndicat avertit qu’en l’absence d’une solution viable, un arrêt prolongé des activités pourrait être envisagé, ce qui pourrait paralyser une partie critique de l’économie.
L’appel est lancé pour une coopération bilatérale respectueuse entre la Mairie et le syndicat, indispensable pour atteindre une issue favorable capable de satisfaire toutes les parties prenantes et d’éviter de paralyser cette activité incontournable pour le pays.
Vers de possibles révisions et évolutions futures
En réitérant la nécessité d’un partenariat de consultation, les chauffeurs et conducteurs espèrent voir émerger une solution qui garantit la sécurité tout en permettant une fluidité nécessaire au bon fonctionnement du commerce et de l’industrie au Tchad.
Tandis que ce débat continue de plonger le secteur du transport dans une situation précaire, les regards sont tournés vers la Mairie et l’ensemble du gouvernement pour qu’ils adoptent une approche inclusive et proactive qui répondra aux préoccupations légitimes des travailleurs de cette industrie, vitale au développement économique du pays.
Cette situation met en lumière les enjeux plus larges de transport et de logistique qui transcendent la simple question d’horaires, invitant à un examen plus profond et à long terme des infrastructures et stratégies de sécurité ville par ville.