Nigeria en tête du G24 : des réformes prometteuses pour l’économie mondiale

Dans un contexte économique mondial difficile, le Nigeria cherche à regagner la confiance des investisseurs grâce à un train de réformes conçu pour stabiliser son économie.

Une délégation nigériane active et ambitieuse

La délégation nigériane, conduite par M. Olayemi Cardoso, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), a récemment présenté à Washington les résultats positifs de son programme de réformes économiques. Le groupe, comprenant des figures clés comme Dr Doris Uzoka-Anite, ministre d’État aux Finances, et d’autres hauts responsables économiques, a mis en avant les impacts de ses récentes politiques audacieuses, dont la suppression des subventions aux carburants et l’unification du marché des changes.

Lors d’un point presse à l’issue de leurs réunions, le gouverneur Cardoso a affirmé qu’il s’agissait d’un moment déterminant pour le Nigeria. Selon lui, ces réformes ont déjà des répercussions tangibles en matière de stabilité macroéconomique, de discipline budgétaire et de croissance inclusive.

Des résultats prometteurs

Le gouverneur s’est réjoui des améliorations mesurables, signalant un retour à une politique monétaire orthodoxe. La BCB a recentré son attention sur l’ajustement des taux d’intérêt, la gestion des liquidités et des prévisions basées sur des données fiables. Cardoso a mis en avant des chiffres clés démontrant les progrès : l’inflation a chuté à 18,02 % en septembre, son plus bas niveau en trois ans, et les réserves de change sont supérieures à 43 milliards de dollars, grâce à une amélioration de la confiance sur le marché et à un afflux de capitaux non pétroliers.

Le Nigeria en position de force sur la scène internationale

Un autre succès majeur de la délégation a été l’élection prochaine du Nigeria à la présidence du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre (G-24), un groupe d’influence regroupant des pays en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Ce nouveau rôle, qui débutera en novembre 2025, est perçu comme une reconnaissance de la gestion économique du pays. M. Cardoso a expliqué que ce développement témoignait d’une confiance internationale croissante dans le leadership nigérian.

En parallèle, un protocole d’accord a été signé avec la Banque centrale d’Angola pour renforcer les liens financiers régionaux, avec l’ambition d’améliorer la coopération monétaire et la stabilité dans la région.

Révisions à la hausse des prévisions économiques

Le rapport de la délégation a été soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), qui a annoncé une révision à la hausse des projections de croissance pour le Nigeria. Selon Mme Deniz Igan, cheffe de division au FMI, la prévision de croissance du PIB pour 2025 a été augmentée à 3,9 %, soit 0,5 point de pourcentage de plus que les précédentes estimations. Les projections pour 2026 et 2024 ont également été ajustées à la hausse, reflétant une dynamique positive au sein de l’économie nigériane.

Ces révisions résultent de facteurs structurels et politiques favorables, tels qu’une base de PIB actualisée intégrant davantage le secteur informel et une amélioration de la sécurité, qui a permis une hausse de la production pétrolière.

Des défis restent à relever

Cependant, malgré ces signes encourageants, M. Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, a souligné les défis persistants que le pays doit surmonter. Bien qu’il ait noté une certaine désinflation, il a averti qu’il restait un chemin à parcourir pour atteindre une stabilité réelle. Selon lui, la mobilisation des recettes nationales et la gestion de la dette doivent devenir des priorités pour le gouvernement nigérian.

La ferveur du secteur privé

La délégation nigériane a également mis en avant l’enthousiasme du secteur privé face aux réformes en cours. Dr Uzoka-Anite a mentionné l’intérêt croissant des investisseurs internationaux, illustré par le succès d’un récent Forum des investisseurs nigérians à Washington. Elle a souligné l’importance de maintenir cet élan pour garantir que la croissance économique bénéficie à tous les Nigérians.

Les intervenants ont également noté la nécessité d’une bonne gestion des finances publiques pour établir un climat d’investissement sain, appelant à une plus grande transparence et à des pratiques budgétaires solides.

Vers de nouveaux horizons

En clôturant leurs discussions, la délégation a fait le bilan des différentes rencontres avec des institutions financières internationales et a noté un consensus global sur l’efficacité des réformes nigérianes. Dr Uzoka-Anite a mis en avant la déclaration de Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, qui a salué le pays pour avoir démontré que des réformes audacieuses peuvent porter leurs fruits.

Alors que la délégation retourne au Nigeria, elle se dit prête à approfondir les réformes, à faciliter les investissements privés et à s’assurer que la croissance économique se traduise par une prospérité tangible pour tous les citoyens. Ce voyage à Washington a ainsi renforcement à la fois des partenariats internationaux et une détermination à bâtir un avenir économique solide.