Nigeria : plus de 100 civils tués dans une frappe aérienne, indignation internationale

Frappe Aérienne de l’Armée Nigériane: Plus de Cent Victimes sur un Marché au Nord-Est du Nigeria

Samedi 11 avril, une frappe aérienne menée par l’armée nigériane a causé la mort de plus de cent personnes et fait des dizaines de blessés sur le marché de Jilli, situé à la frontière entre les États de Yobe et de Borno, au nord-est du Nigeria.

Selon Amnesty International, qui cite des témoignages de survivants et de témoins oculaires, cette opération militaire a été qualifiée de « bavure » meurtrière. D’après l’organisation, trois avions militaires ont ciblé le marché hebdomadaire de Jilli, également connu sous le nom de Jalli Futchimiram, entraînant la mort de plus de cent personnes, y compris des enfants, et blessant grièvement au moins 35 autres. Les blessés ont été transférés pour traitement à l’hôpital général de Geidam.

L’armée de l’air nigériane a confirmé avoir effectué une « frappe de précision » dans la région, qu’elle a décrite comme une « enclave terroriste » et un « hub logistique » pour les insurgés de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Toutefois, son communiqué n’évoque ni le marché ni les victimes civiles.

Le gouvernement de l’État de Yobe a reconnu que des commerçants se rendant au marché ont été touchés par cette opération militaire visant un bastion jihadiste. L’agence de gestion des urgences de Yobe (SEMA) a rapporté avoir reçu des rapports préliminaires signalant des victimes parmi les marchands et a déployé des équipes sur le terrain.

Amnesty International a fermement condamné cette attaque, jugeant ce recours à la force « illégal » et réclamant la mise en place d’une enquête indépendante ainsi que des poursuites contre les responsables.

La zone frontalière entre Borno et Yobe reste un foyer actif de l’insurrection jihadiste, qui perdure depuis plus de quinze ans. À ce jour, aucun bilan officiel n’a été publié par les autorités fédérales.

La région continue de faire face à des conflits intenses et récurrents, soulignant les défis persistants en matière de sécurité dans le nord-est du Nigeria.