Nouveau cadre juridique pour le cinéma tchadien
Le Tchad s’apprête à franchir une étape significative dans le développement de son secteur cinématographique avec l’introduction imminente d’un nouveau cadre juridique qui vise à structurer et dynamiser l’industrie du film dans le pays. Le projet de Code du cinéma a été présenté le 24 septembre 2026 au ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Teguil, marquant une avancée notable après des mois de concertation et de réflexion.
Dirigé par le cinéaste Issa Serge Coelo, le groupe chargé de l’élaboration de cet avant-projet a conçu un texte composé de 196 articles divisés en dix titres. Ce Code du cinéma entend combler le vide juridique existant et propose de réguler l’ensemble de la chaîne de production cinématographique au Tchad. Cela inclut des aspects allant de la formation des professionnels du secteur à la production, en passant par la diffusion, la protection des droits d’auteur et la conservation du patrimoine audiovisuel.
Parmi les mesures clés suggérées dans le texte, on note la création d’un Centre national du cinéma, accompagné d’un Fonds national de soutien dédié à l’industrie. En outre, une billetterie nationale est envisagée pour structurer la vente et la distribution des films. Le Code propose également des mécanismes pour professionnaliser le secteur, attirer les tournages de productions internationales et favoriser les coproductions, tout en renforçant la protection des droits d’auteur.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, qui, à travers le 12e chantier de son projet quinquennal, a exprimé son ambition de faire de la culture un moteur de développement économique et social. Le ministre Abakar Rozzi Teguil a souligné que cette réforme s’inscrit parfaitement dans ce cadre, saluant le soutien de l’UNESCO et de l’Union européenne dans les étapes de l’élaboration du projet.
Cependant, le ministre a insisté sur la nécessité d’un processus inclusif. Il a encouragé les professionnels du cinéma, les associations et le secteur privé à participer activement en apportant leurs contributions avant que le texte ne soit finalisé et adopté. Cette démarche participative vise à garantir que le Code reflète les réalités et les besoins de tous les acteurs de l’industrie cinématographique au Tchad, en permettant à chacun de contribuer à un cadre réglementaire équitable et efficace.
Le développement de ce Code du cinéma représente un espoir pour les cinéastes tchadiens, qui voient en lui une opportunité de structurer le secteur et de promouvoir la culture nationale sur la scène internationale. Grâce à cette régulation juridique attendue, le Tchad pourrait ainsi renforcer sa présence sur la carte du cinéma africain et mondial, en encourageant une production cinématographique plus riche et diversifiée.
L’attention et l’engagement des parties prenantes seront déterminants pour la réussite de cette initiative, qui a pour but de propulser le cinéma tchadien vers de nouveaux horizons.