Nouveau dialogue pour encadrer la transhumance entre Tchad, Centrafrique et Cameroun
Conférence Interministérielle sur la Transhumance : Un Dialogue pour la Stabilité Régionale
La capitale tchadienne, N’Djaména, accueille les 16 et 17 février une rencontre importante rassemblant les représentants du Tchad, de la République centrafricaine et du Cameroun. L’objectif est de structurer un dialogue autour de la transhumance transfrontalière pour la rendre mieux organisée et bénéfique pour ces nations.
Cette réunion intervient dans un contexte où l’élevage représente un secteur vital pour le Tchad, contribuant largement à l’économie et au bien-être de la population. Le pays prévoit en 2024 un cheptel impressionnant de 156 632 251 têtes, toutes espèces confondues. Ce sont surtout les systèmes pastoraux transhumants qui dominent, concernant entre 70 et 90 % du bétail bovin et 30 à 40 % des petits ruminants. Le ministre de l’Élevage, Pr Abderahim Awat Atteib, souligne que cette forme de pastoralisme est cruciale pour la recherche de pâturages et d’eau, ajoutant une valeur considérable au produit intérieur brut du pays, générant de nombreux emplois et étant une source majeure d’exportation non pétrolière.
Cependant, la transhumance n’est pas exempte de défis. Elle est souvent au cœur de tensions attribuées à la compétition pour les ressources naturelles, les faiblesses en matière de gouvernance et l’insécurité présente dans certaines régions frontalières. Ces facteurs peuvent entraîner des conflits violents entre communautés pastorales et agricoles, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et la stabilité sociale. Le ministre alerte sur la nécessité de gérer ces situations avec davantage de coordination pour éviter de compromettre le bien-être régional.
Aristide Ongone, représentant résident de la FAO, insiste sur la nécessité de transformer cette pratique en un vecteur de stabilité et de coopération régionale plutôt qu’en source de confrontation. Pour cela, il appelle à un engagement politique solide, à une collaboration interministérielle efficace et à une implication active des organisations locales et internationales.
Le Tchad s’est lancé dans une modernisation progressive de son secteur de l’élevage, déclarant la gestion organisée de la transhumance comme essentielle à cette transformation. L’atelier organisé fait partie d’un projet soutenu par l’Union européenne, la FAO et le Centre pour le dialogue humanitaire visant à prévenir les conflits locaux dans cette région d’Afrique centrale.
En conclusion, cette rencontre interministérielle témoigne d’un effort régional concerté pour aborder la question de la transhumance de manière pacifique et constructive. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de stabilisation et de renforcement économique à travers une coopération accrue entre les nations concernées.