Nouvelle alliance CNDH-ONUDC : un pas décisif contre la traite au Tchad
Renforcement des Partenariats pour la Protection des Droits Humains au Tchad
Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) au Tchad, Belngar Larmé Jacques, a accueilli le 18 février Samia Chouchane, spécialiste de la prévention du crime et de la justice pénale auprès du Bureau régional de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre marque une étape clé dans la stratégie de la CNDH de renforcer ses partenariats en matière de droits humains.
Lors de cet entretien, l’accent a été mis sur la problématique cruciale de la traite des personnes, un sujet particulièrement pertinent pour le Tchad, pays de transit pour de nombreux migrants. Banadji Boguel Pyrrhus, vice-président de la sous-commission chargée de la prévention de la torture, a expliqué que le Tchad représente une étape pour des migrants en provenance du Nigeria, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est, en route vers le Soudan, la Libye et parfois l’Europe, à la recherche de meilleures conditions économiques.
Les voies migratoires empruntées par ces personnes sont empreintes de dangers et d’abus des droits humains. La rencontre visait à discuter des moyens par lesquels la CNDH pourrait, selon son mandat de protection et promotion des droits humains, contribuer significativement à prévenir ces atteintes, en mettant notamment l’accent sur les moments critiques que sont les interpellations.
Un des obstacles majeurs identifiés concerne la communication. "Les migrants parlent souvent anglais, alors que certains agents sur le terrain ne maîtrisent pas cette langue", souligne Banadji Boguel Pyrrhus, illustrant ainsi la complexité de l’assistance aux victimes et de la documentation des cas.
Par ailleurs, les discussions ont mis en lumière le besoin de renforcer les capacités de la CNDH, notamment dans les zones de transit. Il est crucial d’améliorer la documentation des cas de traite et de clarifier cette notion souvent mal comprise localement.
D’autres formes d’exploitation ont également été évoquées, notamment celles liées aux sites miniers et aux industries extractives, ainsi que les enlèvements transfrontaliers entre le Tchad et les pays voisins. La question de la prise en charge juridique et judiciaire des victimes a été centrale lors des échanges. En effet, la CNDH s’efforce non seulement d’apporter une assistance juridique et judiciaire, mais aussi d’orienter les victimes vers les juridictions compétentes, voire de se constituer partie civile en leur nom.
Cette rencontre s’inscrit clairement dans un effort plus large de mise en place d’actions concrètes pour protéger et promouvoir les droits humains, et pose ainsi les bases d’une coopération renforcée entre le Tchad et les instances internationales.
En somme, cette audience montre une volonté manifeste du Tchad de collaborer activement avec les partenaires internationaux pour lutter contre la traite des personnes et autres violations des droits humains, dévoilant ainsi une démarche proactive en matière de justice et de dignité humaine.