Nouvelle crise migratoire : l’afflux de réfugiés soudanais s’intensifie après la chute d’El-Fasher

Une nouvelle vague de réfugiés soudanais traverse la frontière vers le Tchad

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) signale une augmentation alarmante du nombre de réfugiés soudanais arrivant dans l’est du Tchad, en réponse aux récentes escalades militaires dans la ville d’El-Fasher, au Darfour Nord.

Depuis plus de 18 mois, El-Fasher est sous le joug des conflits internes, mais l’entrée des Forces de Soutien Rapide (FSR) a exacerbé une situation déjà désastreuse. Actuellement résident dans des conditions humanitaires critiques, les quelque 300 000 civils de la ville sont contraints de fuir pour échapper à la violence et à la famine. Malgré les coûts de transport prohibitifs, le danger sur les routes et la distance importante, de nombreux Soudanais entreprennent le périlleux voyage vers le Tchad.

Déroulement des faits

La crise, marquée par des déplacements massifs de population, a conduit le HCR à mobiliser un plan de contingence interagences constitué d’une vingtaine de partenaires, incluant des agences onusiennes, des ONG et des structures gouvernementales. Ce dispositif vise à renforcer la réactivité et la préparation sur le terrain tchadien. Le plan a été lancé à un moment où le conflit soudanais a déjà forcé plus de 882 000 Soudanais à chercher refuge et 330 000 Tchadiens à retourner dans leur pays.

Les estimations pour les prochains mois sont préoccupantes, prévoyant l’arrivée de jusqu’à 90 000 nouveaux réfugiés et le retour de 7 500 Tchadiens d’ici fin 2025. Les principales zones d’entrée se situent dans des localités telles que Tinè, Kulbus, Birak et Adré. Ce plan de contingence, doté d’un budget de 52,2 millions de dollars pour trois mois, est conçu pour offrir une réponse rapide et coordonnée axée sur des éléments cruciaux tels que la protection, la santé, l’eau et l’assainissement, ainsi que des abris d’urgence.

Contexte ou impact

La situation devient d’autant plus pressante à mesure que les arrivées continuent d’augmenter. Le HCR a noté que le 27 octobre, 99 familles, soit environ 260 personnes, avaient franchi la frontière. Sur la période du 21 au 27 octobre, un totalde 551 familles, représentant 1 739 individus, a été recensé, ce qui indique une hausse de 40 % par rapport à la semaine précédente. Ce pic d’arrivées est en grande partie attribuable à la fin de la saison des pluies, qui a rendu certaines routes plus accessibles pour ceux fuyant la violence.

Depuis le début d’octobre, les chiffres sont alarmants, avec 4 280 nouvelles arrivées (1 533 familles) enregistrées dans les provinces de Ouaddaï, Wadi Fira, Sila et Ennedi Est. Ce dernier territoire concentre plus de 70 % des nouveaux venus. Le HCR et ses partenaires maintiennent leur présence dans ces zones frontalières afin d’assurer un suivi des besoins. Ils offrent également une assistance immédiate aux nouveaux arrivants, bien que les ressources et les infrastructures restent insuffisantes pour faire face à cette vague.

Parallèlement, la saturation des camps de réfugiés existants pose un défi majeur. Les demandes d’aide humanitaire sont croissantes, et les conditions de vie des réfugiés se détériorent. Alors que la violence au Soudan persiste, le Tchad se retrouve dans une position délicate, accueillant l’une des plus importantes populations de réfugiés de la région.

Clôture naturelle

En somme, la situation des réfugiés soudanais au Tchad est critique, un contexte qui souligne les effets dévastateurs des conflits prolongés au Soudan, et met en lumière la nécessité d’une coopération internationale urgente pour répondre à cette crise humanitaire croissante.