Paix mondiale : confiance citoyenne en jeu

Tchad : Construire la paix et la confiance au cœur des communautés

En cette Journée internationale de la paix, célébrée chaque 21 septembre, les regards se tournent vers les initiatives et les défis liés à la préservation de la paix dans le contexte tchadien. Benoudjoum Nekillamian Williams, secrétaire général de Salama Peace Initiative, a partagé sa vision et son expérience à ce sujet lors d’un entretien avec Tchadinfos.

Pour Benoudjoum Nekillamian Williams, la Journée internationale de la paix est un symbole d’espoir pour le peuple tchadien, un moment propice pour réfléchir à l’état de la paix dans le pays. « Le 21 septembre est d’abord un moment d’espoir pour tous les Tchadiens parce qu’il faut savoir que la paix, c’est la justice, la répartition égale des richesses, la sécurité, etc. », a-t-il expliqué. Il ajoute que cette journée est aussi une occasion pour chacun de faire le bilan des actions menées individuellement en faveur de la paix, soulignant que chacun a un rôle à jouer, que ce soit à l’échelle du quartier, du village ou de la famille.

Salama Peace Initiative, une organisation tchadienne dédiée à la consolidation de la paix, s’engage activement dans plusieurs domaines. Son but principal est de construire la paix avec les communautés, et non pas à leur place. Ses actions incluent la prévention des conflits, le dialogue communautaire, et l’inclusion des jeunes et des femmes dans le processus de paix. Benoudjoum Williams précise que l’initiative intervient au plus près des populations dans diverses provinces du pays.

Parmi les principaux défis à relever pour consolider la paix au Tchad, Benoudjoum Williams identifie les conflits d’accès aux ressources naturelles, tels que la terre, l’eau et les pâturages, qui opposent souvent agriculteurs et éleveurs. À cela s’ajoute la pauvreté, qui prive surtout les jeunes d’opportunités et les rend susceptibles aux manipulations. Les tensions identitaires, souvent exacerbées par les discours publics, et l’insécurité dans certaines zones ajoutent à la complexité du panorama. Il souligne également la fragilité de la confiance entre citoyens et institutions, qui demeure un obstacle majeur à l’établissement d’une paix durable.

La société civile joue un rôle crucial dans ce contexte. Elle est en première ligne pour détecter les tensions émergentes au sein des communautés. En agissant comme un médiateur et en facilitant le dialogue, elle peut rapprocher des parties qui ne se parlent plus. La société civile sert également de relais entre citoyens et autorités, assurant que les voix, en particulier celles des jeunes et des femmes, soient entendues.

L’impact potentiel des réseaux sociaux dans la promotion de la paix n’est pas à sous-estimer. Selon Benoudjoum Williams, il est crucial de former les utilisateurs à vérifier l’information pour éviter la propagation de rumeurs destructrices. Favoriser le partage de contenus positifs et responsabiliser la communauté en ligne sont des démarches essentielles pour faire de ces plateformes des outils de paix.

Salama Peace Initiative organise divers programmes pour renforcer la paix et la cohésion sociale. Parmi ceux-ci, on compte des dialogues communautaires, des séances de renforcement des capacités, des plaidoyers auprès des autorités, ainsi que des campagnes de sensibilisation. Ces activités visent à renforcer la fibre de la cohésion sociale au sein de la population tchadienne.

Dans un monde où les défis pour la paix sont multiples et complexes, l’approche communautaire adoptée par des organisations comme Salama Peace Initiative est essentielle pour construire une paix durable. À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le message est clair : chacun a un rôle à jouer pour favoriser la paix, et il est primordial de renforcer les liens de confiance entre les citoyens et les institutions.

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