Papier peint : la tendance qui révolutionne N’Djamena
À N’Djamena, capitale du Tchad, une nouvelle tendance en matière de décoration d’intérieur s’impose progressivement : le papier peint. Inconnue du grand public il y a encore quelques années, cette pratique ornementale est désormais omniprésente, des maquis animés aux espaces professionnels en passant par les foyers familiaux. En l’espace de quatre ans, le papier peint est devenu un incontournable de la décoration moderne et raffinée dans la ville.
Parmi les précurseurs de cette nouvelle vague déco, Tomasta Michael, un jeune tchadien, se distingue. Diplômé en géosciences de l’Université de Ngaoundéré, il découvre le papier peint lors d’un séjour à Douala en 2021. «. Une entreprise qui, aujourd’hui, totalise 56 réalisations dans la capitale.
La percée de Tomasta ne s’est pas faite sans défi. Confronté aux réticences initiales d’un public tchadien peu familier avec cette technique décorative, il persiste et utilise les réseaux sociaux pour dévoiler ses créations. Rapidement, son travail suscite l’intérêt et lui permet d’accroître sa visibilité et sa clientèle. « J’ai posté, boum, j’ai commencé à recevoir des appels », témoigne-t-il, évoquant le rôle pivot de Facebook dans la promotion de son entreprise.
Outre les aspects esthétiques, le papier peint présente des avantages pratiques qui séduisent de plus en plus de N’Djamenais. Deux grandes catégories émergent : le papier peint simple et le papier peint autocollant, ce dernier étant particulièrement prisé. Parmi les matériaux utilisés, on trouve le vinyle adhésif (PVC), apprécié pour sa résistance et sa facilité d’entretien face à l’humidité, ainsi que le textile intissé adhésif, valorisé pour ses propriétés écologiques et respirantes.
Selon Tomasta, le papier peint peut durer entre deux et cinq ans, variables selon la qualité et l’entretien. Un atout majeur est sa capacité à masquer les imperfections murales telles que les fissures ou les traces d’humidité. Le coût moyen pour rénover une chambre de 16 mètres carrés oscille entre 85 000 et 100 000 francs CFA, incluant le coût des matériaux et la main-d’œuvre.
Cependant, l’application du papier peint requiert une certaine expertise. Les surfaces à recouvrir doivent être soigneusement préparées pour éviter le décollement ou le ternissement. Un mur correctement nettoyé et sans humidité excessive est essentiel pour garantir la durabilité du papier.
Autodidacte, Tomasta Michael a appris les rudiments de son métier via des vidéos YouTube. Aujourd’hui, son entreprise est entièrement mobile. Il stocke ses matériaux chez lui et se déplace chez ses clients avec un simple appel sur WhatsApp pour proposer devis et motifs.
Bien que le papier peint reste son produit phare, Tomasta élargit progressivement son champ d’activités en offrant d’autres types de décorations utilisant des matériaux tels que les panneaux tasseaux et le PVC lumineux. « Le papier m’a lancé, mais aujourd’hui je fais au-delà de ça », conclut-il, projetant de continuer à innover dans le domaine de la décoration intérieure à N’Djamena.
La popularisation du papier peint dans la capitale tchadienne témoigne d’un changement d’approche vis-à-vis de la décoration intérieure, alliant tradition et modernité pour répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus diversifiée et exigeante.