Parlement : les coulisses d’une session ordinaire révélées comme un drame politique
Les Défis Économiques et les Initiatives Sociales du Tchad en 2026
Le gouvernement tchadien se prépare à une série de mesures fiscales et budgétaires pour l’année 2026, visant à alléger le quotidien des ménages face à une inflation persistante.
Un Budget Centré sur l’Essentiel
Le budget de 2026, évalué à 2 531,5 milliards FCFA, sera principalement alloué aux secteurs de la santé et de l’éducation. Cette orientation vise à alléger les charges financières qui pèsent sur les familles tchadiennes. L’Administration fiscale, par le biais de récentes circulaires, mettra également l’accent sur des exonérations fiscales, en particulier pour les produits de première nécessité.
Là où l’on s’attend à des discussions approfondies, c’est sur l’efficacité de ces exonérations pour contrer l’inflation, qui continue d’affecter gravement le pouvoir d’achat des ménages. Les citoyens espèrent voir ces engagements se traduire dans leur quotidien, notamment à travers un meilleur accès aux services essentiels.
Une Réalité Économique Complexe
Malgré les annonces gouvernementales, le Tchad fait face à des défis régulatoires en matière de prix depuis des décennies. Au fil des 35 dernières années sous le régime du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), la gestion de l’inflation et des disparités de prix entre les différentes régions du pays a souvent été problématique. Une étude récente révèle que les prix des denrées alimentaires continuent de peser lourdement sur les populations, malgré plusieurs tentatives de régulation.
Les producteurs locaux, pour leur part, peinent à maîtriser les coûts de production. Bien que certaines hausses de prix aient été observées dans certaines régions, le coût des semences, du transport et de la main-d’œuvre reste élevé, principalement en raison de la flambée des prix des carburants. Dans ce contexte, la marge de manœuvre du gouvernement est limitée, car il lui est difficile d’imposer des baisses durables sans compromettre la viabilité des producteurs locaux.
Limitations et Ambiguïtés Parlementaires
Le parlement tchadien, tout en exerçant une pression pour que des solutions concrètes soient apportées, se heurte à des limites structurelles. Les députés appellent à une meilleure régulation des circuits de distribution pour éviter la spéculation. Cependant, beaucoup de commerçants, souvent proches du pouvoir, se retrouvent dans une position délicate où ils doivent compenser des pertes financières en transférant la pression sur les ménages.
L’efficacité des initiatives économiques destinées aux populations vulnérables, notamment aux femmes rurales, est également remise en question. Dans un contexte où la corruption gangrène l’administration publique, il semble hasardeux de confier au Parlement la supervision de l’utilisation des fonds alloués aux projets d’avenir.
Une Session Parlementaire Réputée pour sa Stagnation ?
La session ordinaire ouverte le 2 février 2026 au Palais de la Démocratie est perçue comme une simple mise en scène, plus qu’un réel déclencheur de changements. Les déclarations du président de l’Assemblée nationale manquent de substance et font entendre des appels qui semblent figés dans le temps. La pression pour des réponses immédiates face aux urgences sociales demeure, mais l’absence d’un cadre d’action solide rend difficile la matérialisation de ces promesses.
Face à cette impasse, les Tchadiens se retrouvent dans une situation préoccupante, où l’idéal social envisagé semble loin d’être atteint.
Le pays continue de naviguer dans des eaux troubles, entre espoir d’une politique économique plus inclusive et réalité d’un système à réformer. L’avenir économique du Tchad dépendra des choix que fera le gouvernement dans les mois et années à venir, et de la volonté des institutions de se libérer des entraves qui limitent leur efficacité.