Politique : Les anciens chefs de l’ex-GCAP parlent à la nation
Une semaine après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, les huit dirigeants politiques membres de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont pris la parole publiquement. Le jeudi 21 août 2026, le chef du parti Les Démocrates, le professeur Avocksouma Djona Atchenemou, a lu une déclaration au nom de ses collègues qui avaient été incarcérés.
Ces responsables, dont la libération découle d’une décision prise le 14 août par le Président de la République, ont exprimé leur gratitude et qualifié cet événement de dépassement historique où « la liberté a prévalu ». Selon eux, leur sortie de prison résulte d’un ensemble d’efforts acharnés, de bravoure et de prières. Ils ont notamment salué les efforts de ceux qui ont œuvré en silence pour favoriser cette issue, et ont exprimé un souhait de rétablissement rapide de leurs droits civiques et politiques. « Diriger nos partis n’est pas un privilège octroyé, c’est un droit constitutionnel », ont-ils déclaré, soulignant que leur engagement politique devait être reconnu et respecté pour démontrer pleinement la portée de la mesure de clémence.
S’adressant à la nation, les dirigeants libérés ont appelé à ce que cette libération serve de tremplin vers une plus grande cohésion nationale. Ils militent pour l’organisation d’un « dialogue républicain renouvelé » estimant que la démocratie se nourrit de l’existence de partis politiques libres et de débats respectueux.
Refusant toute interprétation litigieuse de leur libération, ils ont mis en garde contre toute tentative de restreindre leurs activités politiques sous prétexte de leur passé judiciaire. Ils ont réaffirmé que leur cas, relevant de délits et non de crimes, ne devrait pas impacter leur capacité à s’engager sur la scène politique.
La déclaration comportait également de larges sections dédiées aux remerciements. Le collectif d’avocats ayant assuré leur défense a été particulièrement salué pour son dévouement et son professionnalisme. L’expression de gratitude a été étendue aux familles, aux personnels de santé, aux journalistes, ainsi qu’aux figures religieuses et coutumières, tous reconnus pour leur soutien indéfectible et leurs efforts de médiation.
Dans leur message au peuple tchadien, aux militants, sympathisants, et aux organisations de la société civile, les dirigeants ont souligné que leur libération était une victoire collective, partagée avec ceux qui ont manifesté leur soutien.
Les anciens prisonniers ont également discuté des conditions difficiles régnant dans la maison d’arrêt de Klessoum, mentionnant notamment les problèmes sanitaires et hygiéniques, ainsi que la présence préoccupante de mineurs parmi les détenus. Ils ont appelé à des réformes pour améliorer les conditions dans l’institution carcérale.
Enfin, leur solidarité a été exprimée envers ceux qui demeurent encore en détention, notamment le secrétaire général du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET) et d’autres prisonniers de Mandakao. Ils n’ont pas oublié de mentionner la nécessité de considérer le sort de ces personnes dans une optique plus humanitaire.
Pour rappel, Keleou Bombaye, Ahmed Bokori Nima, Badono Daigou, Nassour Koursami, Neatobei Bidi Valentin, Mahamat Djara, Max Kemkoye et Avocksouma Djona Atchenemou avaient été condamnés le 8 mai 2026 à huit ans de prison pour « participation à un mouvement insurrectionnel », après que leur plateforme politique ait été interdite et dissoute par voie judiciaire. Leur libération récente entérine une étape dans les mouvances politiques actuelles du pays.