Préserver les couloirs de transhumance : un enjeu crucial pour la paix agro-pastorale au Mayo-Kebbi Ouest
La Validation des Couloirs de Transhumance au Mayo-Kebbi Ouest
La province du Mayo-Kebbi Ouest vient de lancer une initiative cruciale pour la sécurisation des couloirs de transhumance, un enjeu clé pour les éleveurs et agriculteurs de la région.
La cérémonie d’ouverture a été dirigée par Abdelmanane Khatab, Délégué général du gouvernement auprès de la province, en présence d’autorités administratives, civiles et militaires, ainsi que de divers partenaires techniques et financiers. L’événement, qui a eu lieu le 28 janvier, s’inscrit dans une dynamique visant à résoudre un problème persistant dans cette zone.
Ce sont plusieurs années de tensions croissantes entre éleveurs et agriculteurs qui ont motivé cette initiative. En effet, le Mayo-Kebbi Ouest fait face à un manque de suivi et de protection des couloirs de transhumance. Au fil du temps, certains de ces itinéraires ont disparu, tandis que d’autres ont été convertis en terres agricoles, perturbant profondément les mécanismes de déplacement des troupeaux. Cette situation a non seulement exacerbé les frictions entre les communautés, mais a également mis en péril la viabilité économique des éleveurs, qui dépendent de ces couloirs pour le pâturage de leurs bétails.
Pour apporter une réponse tangible à cette problématique, la Wildlife Conservation Society (WCS) a collaboré avec le Projet d’Appui à l’Intégration Régionale et à l’Investissement en Afrique Centrale (PAIREAC). Ensemble, ils ont mené une mission de terrain dans divers départements de la province. Les équipes techniques ont été actives dans des zones telles que Djalingo, Biparé, Guégou et Guelo dans le département du Lac Léré, ainsi que Lamé, Moursalet et Erdé dans le Mayo-Dallah. Leur objectif : identifier et reconstituer les anciens couloirs de transhumance.
L’atelier du 28 janvier avait pour vocation d’examiner et d’amender les propositions techniques formulées au cours des missions de terrain. La validation de celles-ci est essentielle pour garantir une mise en œuvre efficace et harmonieuse, veillant à la préservation des intérêts des différents acteurs impliqués.
Au cours de son discours d’ouverture, Fidèle Daapabé, chef du bureau WCS de Pala, a souligné l’importance de cette rencontre. Il l’a présentée comme une étape clé sur le chemin d’une cohabitation pacifique entre éleveurs et agriculteurs, une condition sine qua non pour l’équilibre social dans la région. Dillah Karabeye, directeur de la sécurisation des systèmes, a également pris la parole, en insistant sur l’urgence de valider les couloirs de transhumance. Il a encouragé les participants à engage des dialogues constructifs, dans l’intérêt supérieur des communautés locales.
Lors du lancement officiel, Abdelmanane Khatab a réaffirmé que la validation des couloirs de transhumance s’inscrit totalement dans les priorités du gouvernement tchadien. Selon lui, le secteur de l’élevage et de l’agriculture représente une composante essentielle de l’économie nationale et de la cohésion sociale. Ce positionnement gouvernemental souligne un engagement fort envers ces secteurs vitales, jugés clés pour le développement durable du pays.
Les travaux de l’atelier porteront sur des aspects communautaires, techniques et juridiques, avec pour objectif d’aboutir à un procès-verbal conjoint. Ce document sera fondamental pour la matérialisation et la sécurisation à long terme des couloirs de transhumance dans la province du Mayo-Kebbi Ouest. Les discussions s’annoncent riches et prometteuses, laissant espérer une coopération renforcée entre toutes les parties prenantes afin de garantir un avenir harmonieux pour les éleveurs, agriculteurs et les communautés respectives.
La validation des couloirs de transhumance pourrait ainsi constituer un pas décisif vers un développement cohérent et équilibré, fondé sur le respect des besoins de chacun et sur une gestion durable des ressources naturelles dans la région.