Prévention du suicide : les psychologues tchadiens prônent l’écoute

L’Association des Psychologues Tchadiens Appelle à une Prévention Active lors de la Journée Mondiale de Prévention du Suicide

N’Djamena, 10 septembre 2026 – À l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, l’Association des psychologues tchadiens (APS) a tenu une conférence de presse pour sensibiliser la population à l’importance de la santé mentale. Organisée au CEFOD dans la capitale tchadienne, la cérémonie s’inscrivait dans le cadre du thème triennal « Changer le discours sur le suicide ».

Hango Djang-Rang, psychologue et président de l’APS, a souligné la nécessité de modifier le regard que la société porte sur la santé mentale. « Arrêtons de chuchoter, de juger et de détourner le regard. Choisissons de parler, d’écouter et d’intervenir. Dire ‘je ne vais pas bien’ ne doit plus être une honte mais un acte de courage », a-t-il déclaré avec conviction.

L’APS a insisté sur l’urgence de faire de la santé mentale une priorité nationale, face à la détresse silencieuse de nombreux jeunes tchadiens. Selon l’association, la prévention du suicide repose sur trois piliers essentiels : briser le silence et la stigmatisation, adopter une attitude d’écoute active plutôt que de jugement, et orienter les personnes en détresse vers des professionnels qualifiés. « Demander ‘comment tu te sens vraiment’, écouter sans minimiser, puis orienter vers un centre de santé ou un psychologue. Un mot bienveillant peut sauver une vie », a souligné le président de l’APS.

Lors de cette conférence, l’association a également dénoncé l’impact négatif des discours culpabilisants qui persistent au sein de la société. Des expressions telles que « C’est de ta faute, tu es un poids, tu ne vaux rien » peuvent avoir des conséquences dévastatrices, en particulier sur les étudiants pressurisés après les examens scolaires. Pour Hango Djang-Rang, il est primordial d’adopter un discours empreint de bienveillance et de sensibilité.

La prévention du suicide doit débuter dès l’enfance, a plaidé le président de l’APS. Elle doit être présente dans les écoles, les foyers, à travers les médias ainsi que sur les réseaux sociaux. La promotion d’histoires de résilience et de solutions existantes, telles que les groupes de parole, les consultations psychologiques et le soutien communautaire, doit être encouragée.

« La souffrance mentale n’est pas une faiblesse. C’est une maladie comme une autre. Elle se soigne et on n’en est jamais seul », a conclu Hango Djang-Rang, en appelant à une mobilisation collective.

L’APS exhorte ainsi l’État, les médias, les établissements scolaires, et l’ensemble de la société civile, à s’engager de manière proactive afin de faire de la prévention du suicide une responsabilité partagée. Par cette approche holistique et inclusive, l’Association des psychologues tchadiens espère contribuer à une société plus compréhensive et plus empathique envers ceux qui luttent contre leurs démons intérieurs.