Propriétaires de Sadjeri Koudou : appel aux autorités

Les Propriétaires de Sadjeri Koudou Appellent à l’Intervention des Autorités pour Résoudre une Affaire Foncière

Les habitants du quartier Sadjeri Koudou dans le 10ᵉ arrondissement de N’Djamena se trouvent au cœur d’un litige foncier complexe. Depuis plusieurs années, ces propriétaires de terrains sont impliqués dans une bataille judiciaire contre un particulier, dénonçant les « injustices » et « dérives judiciaires » qu’ils subissent.

Contexte et Développement du Litige

Tout a commencé en 2019 après le bornage des terrains, sur un domaine comportant 92 lots dans les îlots 214, 215 et 216. L’individu en question, identifié par les initiales O.A., conteste la propriété de ces lots. Les propriétaires affirment que les revendications de O.A. ont été à maintes reprises rejetées, tant par les autorités traditionnelles que par les juridictions compétentes.

O.A. aurait d’abord prétendu avoir acquis les parcelles par l’ancien chef de terre, Djibirine Rimaido. Cependant, les plaignants réfutent cette version en se basant sur le fait que Rimaido était déjà décédé à l’époque de la transaction présumée. Ensuite, O.A. aurait déclaré avoir obtenu les terrains de Mahamat Matar, qui a lui-même nié cette transaction devant les autorités.

Décisions Judiciaires

Sur le plan judiciaire, le Tribunal de grande instance de N’Djamena avait initialement donné raison aux plaignants en 2022. L’affaire escalada ensuite jusqu’à la Cour suprême en 2023, laquelle confirma les décisions antérieures. Malgré ces jugements en faveur des propriétaires, une mesure de déguerpissement a été exécutée, entraînant un nouveau rebondissement.

Nouveau Tournant et Réactions

Après la destruction de certaines constructions sur les parcelles disputées, le Parquet général aurait, selon les plaignants, ordonné la reconstruction des bâtiments détruits. Cette action est perçue par eux comme une remise en question des décisions judiciaires précédemment rendues.

Face à cette situation, les propriétaires ont sollicité l’intervention du ministère de la Justice, se disant victimes de pressions qui entravent l’usage de leurs terrains. Malgré les décisions des tribunaux en leur faveur, ils estiment que O.A. continue de bénéficier de protections injustifiées, rendant leur position intenable.

Lors d’un point de presse tenu le 27 juin 2026, les propriétaires ont appelé les plus hautes autorités étatiques, dont le Président de la République et les ministres de la Justice et de l’Aménagement du territoire, à intervenir pour mettre fin à cette situation qu’ils jugent critique.

Appel aux Autorités

La demande des propriétaires est claire : ils souhaitent la reconnaissance pleine et entière des décisions judiciaires rendues, ainsi qu’une résolution définitive de ce litige foncier. Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés de nombreux citoyens en matière de gestion foncière, où les conflits d’intérêts, l’interprétation des lois et les jeux de pouvoir complexifient souvent les situations.

Dans ce contexte, l’issue de l’affaire de Sadjeri Koudou pourrait bien constituer un cas exemplaire des tensions entre justice formelle et pratiques traditionnelles dans le domaine foncier au Tchad. Les regards restent désormais tournés vers les autorités afin de voir comment elles répondront à cet appel à la justice et à l’équité pour ces propriétaires de N’Djamena.