Quand le retour de mon fils à N’Djamena fait débat : une stigmatisation inattendue.

N’Djamena : Quand l’espoir devient désillusion pour la jeunesse

Introduction
Devenir résident de N’Djamena était considéré par de nombreux jeunes comme un symbole d’espoir et d’ambition. Pourtant, cette perception s’est largement obscurcie, laissant place à une réalité bien plus complexe.

Déroulement des faits
Il y a un temps, l’expression « mon fils est venu à N’Djamena » évoquait une vision optimiste de l’avenir. Les jeunes, candidats à l’émancipation, quittaient leurs régions d’origine pour tenter leur chance dans la capitale tchadienne, espérant y trouver emploi, savoir et dignité. Les rues de N’Djamena, animées par les aspirations de cette jeunesse en quête de réussite, respiraient l’ambition. Cependant, aujourd’hui, cette phrase résonne de manière très différente. Pour une partie croissante de la jeunesse, N’Djamena ne semble plus être un tremplin vers la réussite, mais plutôt une impasse.

Tandis qu’une génération peine à s’affirmer, la réalité sur le terrain est bien plus accablante. De nombreux jeunes, attirés par les promesses de la ville, se retrouvent confrontés à un marché du travail saturé et à des perspectives d’emploi limitées. Face à cette désillusion, la lutte pour la dignité se transforme souvent en une spirale de dérives. L’oisiveté, mêlée à une consommation excessive d’alcool et à d’autres comportements destructeurs, prend le pas sur l’ambition. Les quartiers de N’Djamena, jadis synonymes d’espoir, témoignent désormais d’une jeunesse qui abandonne ses valeurs fondamentales.

Plus qu’une simple transformation sociale, cette situation reflète un véritable échec des politiques publiques. L’État tchadien, chargé d’assurer le bien-être de sa jeunesse, n’a pas su répondre aux attentes. Les initiatives pour favoriser l’emploi restent insuffisantes, et l’absence d’une vision claire pèse sur l’avenir de ces jeunes. Les familles, de leur côté, doivent également reconnaître leur part de responsabilité. L’absence de suivi, de soutien émotionnel et de transmission de valeurs peut particulièrement fragiliser ces jeunes dans leur quête de repères.

Loin de se contenter d’une vision pessimiste de leur sort, les jeunes eux-mêmes doivent également s’interroger. Venir à N’Djamena ne peut être synonyme de déresponsabilisation ou d’échec. Cette ville ne doit pas devenir un refuge pour ceux qui fuient leurs responsabilités.

Contexte ou impact
Ce phénomène ne se limite pas aux récits individuels : il fait écho à une réalité sociale et économique plus large. La perception de l’image de la jeunesse tchadienne est mise à mal. Les comportements de certains jeunes attirent l’attention des médias et soulèvent des inquiétudes au sein des familles. L’espoir, qui était autrefois une source de fierté, devient une source de honte. Les défis à relever sont doubles : d’une part, les politiques publiques doivent être révisées pour offrir des voies concrètes aux jeunes ; d’autre part, une sensibilisation sur l’importance de la responsabilité individuelle doit être engagée.

Pour beaucoup d’observateurs, la dégradation de la perception autour de cette expression pose la question de la responsabilité collective face à cette crise. Comment redonner dignité et sens à cette quête de réussite tant convoitée par les jeunes ? Les acteurs de la société civile, en collaboration avec l’État, pourraient jouer un rôle essentiel dans l’institution de programmes de réinsertion et d’éducation.

Clôture naturelle
Face à ce constat, il devient urgent d’inverser la tendance. Rétablir la signification positive de l’expression « mon fils est venu à N’Djamena » pourrait permettre de transformer cette ville en un espace de potentialités et d’opportunités, loin de l’errance et des illusions.