Recentrer la justice sociale : un impératif pour une action multilatérale efficace
La Réunion de la CSocD64 à New York : Une Étape Cruciale pour le Développement Social Global
La Commission des Nations Unies pour le développement social (CSocD64) a ouvert ses travaux à New York, marquant une avancée significative dans l’application des engagements internationaux en matière de développement et de justice sociale.
Du 2 au 10 février 2026, cette session s’est déroulée au siège des Nations Unies dans un contexte affichant des attentes élevées après le deuxième Sommet mondial pour le développement social, qui a eu lieu à Doha fin 2025. La CSocD64 ne se limite pas à une analyse théorique des défis sociaux, mais se positionne comme une plateforme essentielle pour traduire la Déclaration politique de Doha en actions concrètes à tous les niveaux de gouvernance.
Les États membres et les hauts responsables de l’ONU ont, dès la séance plénière d’ouverture, affirmé la primauté du développement social dans l’agenda international. Selon eux, cette notion est désormais considérée comme essentielle pour garantir la stabilité économique, favoriser la cohésion sociale et renforcer la crédibilité du multilatéralisme face aux crises contemporaines.
Les discussions ont rapidement évolué vers des thématiques cruciales, notamment la coordination des politiques sociales. Une table ronde de haut niveau a été organisée, dirigée par Stefaan Verhulst du GovLab de l’Université de New York, pour aborder les obstacles structurels qui freinent l’harmonisation des initiatives sociales.
Sabina Alkire, professeure à l’Université d’Oxford et experte en pauvreté et en développement humain, a souligné que la coordination entre les divers secteurs de la société doit être perçue non seulement comme un problème d’ordre institutionnel, mais également comme un défi cognitif. Elle a plaidé pour une approche où la santé, l’éducation, l’emploi et la protection sociale interagissent de manière synergique, renforçant ainsi l’impact de chaque domaine.
Le 4 février, les délibérations se sont concentrées sur l’éradication de la pauvreté et l’importance de systèmes de soins résilients. Une autre table ronde, présidée par José Antonio Ocampo de l’Université Columbia, a mis en lumière l’économie du soin, traditionnellement perçue comme une charge résiduelle de l’aide sociale, mais désormais reconnue comme un moteur stratégique de l’inclusion sociale. Ce changement de paradigme a permis de réfléchir aux soins comme à un bien public essentiel pour le développement durable.
Les participants ont fait état des répercussions néfastes d’une répartition inégale du travail de soins non rémunéré, soulignant que cela limite sévèrement la participation économique des femmes et contribue à maintenir la pauvreté au sein des familles sur plusieurs générations. Un investissement public concerté est apparu fondamental pour éviter que les lacunes en matière de soins n’aggravent les inégalités existantes, que ce soit dans des sociétés vieillissantes ou dans des économies fragiles.
Li Xin, directeur général du Centre international pour la réduction de la pauvreté en Chine, a partagé des expériences marquantes de gouvernance axée sur l’éradication de la pauvreté. Il a mis en avant l’importance d’intégrer les politiques de soin au sein de dispositifs de protection sociale plus larges, ce qui permet non seulement de soutenir les populations vulnérables, mais aussi d’éviter que certains ménages ne retombent dans la pauvreté. Selon lui, des systèmes de soins robustes peuvent engendrer des bénéfices sociaux et économiques significatifs en générant de l’emploi, en formalisant le travail et en préservant la dignité tout au long de la vie.
Tout au long des débats, la relation entre les discussions et la Déclaration politique de Doha a été régulièrement mise en avant. Les délégués ont insisté sur le fait que les travaux de la Commission ne se limitaient pas à des réflexions théoriques, mais concernaient des actions opérationnelles à mettre en œuvre concrètement. Ainsi, des enjeux tels que le financement, la coordination des efforts et la volonté politique ont émergé comme des défis majeurs, en particulier pour les pays qui doivent gérer des contraintes budgétaires et des transitions démographiques.
Cette session de la CSocD64 représente donc une étape déterminante dans les efforts globaux en faveur du développement social, ouvrant la voie à des actions futures qui pourraient avoir un impact significatif sur la vie de millions de personnes à travers le monde. Les conversations entamées au sein de cette Commission pourraient bien façonner le paysage politique international, à condition qu’elles se traduisent par des politiques bénéfiques et inclusives dans les années à venir.