Réformes Économiques en Vue : Ce Que le FMI Révèle sur la Gouvernance Financière en 2023

Réforme de la gouvernance économique : le FMI dévoile des recommandations cruciales pour le Tchad

Le Fonds Monétaire International (FMI) a récemment présenté un rapport d’une importance capitale sur la gouvernance économique et financière du Tchad, lors d’une réunion tenue à N’Djamena. Cet évènement, qui a réuni divers acteurs gouvernementaux, partenaires techniques et sociétés civiles, met en lumière la nécessité d’améliorer la transparence budgétaire et la gestion des ressources du pays. Alors que le Tchad s’efforce de stabiliser sa situation économique et de renforcer la confiance des investisseurs, les recommandations du FMI pourraient bien dessiner les contours de son avenir économique.

Une évaluation des fonctions clés de l’économie tchadienne

Gouvernance budgétaire : avancées notables mais insuffisantes

La gouvernance budgétaire s’impose comme un pilier fondamental pour le bon fonctionnement des activités économiques. Arina Viseth, la représentante résidente du FMI au Tchad, souligne que de réels progrès ont été réalisés en matière de transparence budgétaire. En effet, la digitalisation des processus financiers, via des outils tels que l’e-taxe et la normalisation des factures, a débuté, facilitant ainsi la mobilisation des ressources et améliorant l’efficacité des dépenses publiques.

Cependant, pour garantir un déploiement global de ces innovations, il reste indispensable de poursuivre les efforts de digitalisation des services publics. Environ 60 % des recettes de l’Etat proviennent aujourd’hui d’impôts directs, et une administration fiscale efficace peut non seulement réduire la dette publique, mais également créer un environnement économique stable.

Une gestion financière efficiente pour attirer les investisseurs

La nécessité d’une gestion des finances publiques optimisée n’a jamais été aussi pressante. Un système financier sain attire les investisseurs et offre une meilleure orientation des ressources vers des secteurs clés du développement économique. Le rapport met en avant que le Tchad est maintenant le premier pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) à adopter une facturation électronique normalisée. Cette avancée permettra non seulement de mieux identifier les contribuables potentiels, mais aussi d’optimiser le recouvrement des impôts.

Malgré cela, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne le taux de déclaration et de paiement dans les délais, ainsi que l’identification des contribuables. Le FMI recommande donc des actions concrètes : déployer pleinement la digitalisation pour assurer la fonctionnalité des systèmes intégrés, augmenter le recouvrement fiscal, et renforcer les capacités de contrôle pour lutter efficacement contre la fraude fiscale.

Qualité de la régulation des marchés : vers une économie plus dynamique

La nécessité d’une réglementation accessible et efficace

Une régulation des marchés de qualité est primordiale pour favoriser une économie dynamique et résiliente. Le rapport du FMI stipule que plusieurs innovations digitales ont été mises en place pour améliorer l’accès au marché. Cependant, des efforts doivent être poursuivis afin de simplifier les procédures administratives, promouvoir une réglementation des affaires équitable et améliorer l’accès aux ressources comme les terres rurales et l’eau.

Ces mesures sont cruciales, car elles permettent aux petites et moyennes entreprises de se développer, créant ainsi des emplois et stimulant la croissance économique. Selon les experts, une économie diversifiée est essentielle pour réduire la dépendance à un seul secteur, souvent plus vulnérable aux chocs externes.

Lutte contre la corruption : des engagements suivis d’effets

Le Tchad aunsi adhéré à la Convention des Nations Unies contre la Corruption en 2018, témoignant de son engagement à résoudre les problèmes de corruption endémiques. Arina Viseth a rappelé les efforts déployés pour aligner le cadre juridique du pays avec les normes internationales.

Le FMI appelle le gouvernement tchadien à renforcer les institutions, notamment la Cour des comptes et l’Autorité anti-corruption, pour garantir la mise en œuvre efficace des lois adoptées. La création de structures de contrôle, comme l’Inspection Générale d’Etat (IGE), va également dans ce sens. Pour respecter les engagements internationaux, le code pénal doit être mis à jour et un régime de déclaration d’actifs doit être instauré.

État de droit et protection des droits de propriété

Renforcement de l’indépendance judiciaire et de l’accès à la justice

Dans son évaluation, le FMI a noté que l’état de droit au Tchad reste fragile. L’indépendance de la justice et l’accès équitable aux tribunaux sont encore limités. Une attention particulière doit être portée à la protection des droits de propriété et contractuels, nécessaires pour promouvoir l’investissement étranger et domestic.

Les recommandations incluent le renforcement du cadre juridique permettant d’augmenter l’indépendance judiciaire et l’application des contrats. L’idée est de développer des plateformes numériques pour le cadastre et d’adopter des lois qui protègent les droits de propriété intellectuelle, ainsi que d’éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Lutte contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme

Un enjeu économique et social majeur

La question du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme est essentielle pour la stabilité économique du Tchad. Ce fléau peut saper la confiance des investisseurs et faciliter la corruption, complices d’un environnement économique peu sûr.

Des efforts significatifs ont été réalisés, notamment à travers les rapports du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique Centrale (GABAC), mais un cadre solide doit encore être mis en place pour assurer une mise en œuvre efficace des lois existantes. La transparence dans les marchés publics est également cruciale.

Le FMI recommande au gouvernement d’élargir la collecte d’informations concernant les bénéficiaires effectifs de projets publics et de procéder à la dématérialisation complète des procédures de passation des marchés.

Perspectives d’avenir et proactive sociale

Il est essentiel d’inciter les acteurs de la société civile à s’impliquer dans le débat économique. Le rapport du FMI a suscité un intérêt marqué au sein des communautés, avec des questions sur la transparence des financements, l’accès à l’eau et la lutte contre la pauvreté. Les échanges ont été francs et constructifs, montrant une volonté commune d’aboutir à une meilleure gestion des ressources.

La collaboration entre les secteurs public et privé est vitale pour relever les défis que le Tchad doit affronter. L’engagement des jeunes, comme ceux de la faculté des sciences économiques et de l’École Nationale d’Administration (ENA), sera déterminant pour la mise en œuvre des recommandations proposées.

Conclusion : Regarder vers l’avenir

Les recommandations du FMI fournissent une feuille de route essentielle pour la gouvernance économique du Tchad à court et à long terme. En améliorant la transparence budgétaire, en renforçant les institutions et en luttant contre la corruption, le Tchad peut espérer stabiliser son environnement économique et attirer davantage d’investissements étrangers.

À mesure que le pays continue d’implémenter ces réformes, il sera crucial de maintenir un dialogue ouvert et constructif entre toutes les parties prenantes pour assurer une croissance inclusive et durable. Dans les mois à venir, l’évolution de la mise en œuvre de ces recommandations devra être suivie de près pour évaluer leurs impacts sur la société tchadienne et l’économie nationale dans son ensemble.