Rencontre clé entre le président de la CNDH et Samia Chouchane de l’ONUDC pour renforcer la coopération en matière de droits humains

Renforcement des Capacités de Protection des Migrants au Tchad

Les discussions récentes au sein de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ont mis en lumière la situation difficile des migrants transitant par le Tchad vers l’Europe, en particulier à travers la Libye.

Un constat alarmant

Au cours d’une audience, les responsables de la CNDH ont abordé les nombreux défis auxquels sont confrontés les migrants dans leur parcours. Banadji Boguel Pyrrhus, vice-président de la sous-commission de prévention de la torture, a souligné les abus et les violations des droits humains que ces individus subissent souvent. Ces abus vont de la violence physique à des situations de détention illégale, en passant par des actes de traite.

La visite récente de Mme Samia Chouchane s’inscrit dans le cadre d’une initiative visant à renforcer les capacités de la CNDH, surtout dans les zones de transit où se concentrent les migrants. L’objectif est de mettre en place des mécanismes de protection et d’améliorer la documentation des incidents, permettant ainsi de mieux cerner la réalité sur le terrain.

Enjeux de communication et de compréhension

L’un des points critiques abordés par M. Pyrrhus concerne la complexité de la communication avec les migrants, en raison de leur diversité linguistique. Les conversations peuvent impliquer plusieurs langues, dont l’anglais, l’arabe, le français et le portugais, rendant la tâche des intervenants encore plus complexe. Cette diversité linguistique nécessité de former le personnel sur les enjeux de compréhension interculturelle, ce qui est particulièrement pertinent dans le contexte de la traite des personnes.

La confusion qui entoure ce terme souligne également la nécessité d’un cadre juridique plus clair pour mieux protéger les migrants. En effet, la traite n’est pas seulement un problème local, mais représente également un défi à l’échelle régionale et internationale.

Une réalité préoccupante

La situation des migrants au Tchad est d’une importance cruciale en raison de la position géographique du pays, à la croisée des chemins entre l’Afrique subsaharienne et le Nord du continent. Les nombreux témoignages de migrants relatant des souffrances endurées lors de leur périple illustrent l’urgence d’une action concertée.

Des organisations non gouvernementales s’attellent également à fournir un soutien et une aide humanitaire aux migrants. Leur travail est indispensable, mais il doit être complété par des efforts gouvernementaux pour garantir une protection adéquate. La CNDH, en redoublant d’efforts d’identification de mécanismes de protection, souhaite contribuer à la mise en place de structures plus sécurisées pour ces individus vulnérables.

Vers une meilleure sensibilisation

Le besoin de sensibilisation et de formation des autorités locales sur les droits des migrants a également été évoqué. Un meilleur encadrement et des formations adaptées permettraient d’améliorer la réaction des forces de sécurité lors des interpellations, basées sur des principes de respect des droits humains.

Ce travail de sensibilisation doit être accompagné d’actions concrètes pour établir des canaux de communication efficaces entre les migrants et les organisations qui leur viennent en aide. Établir un dialogue constructif permettrait de mieux cerner leurs besoins et d’agir en amont pour prévenir de futurs abus.

Conclusion

L’engagement de la CNDH et des partenaires internationaux est essentiel pour améliorer la situation des migrants au Tchad. À travers des actions ciblées et une meilleure compréhension des réalités sur le terrain, les conditions de vie des migrants pourraient être significativement améliorées. Les prochains mois seront déterminants pour maintenir cette dynamique et garantir la protection des droits fondamentaux des migrants en transit.