Rencontre intergénérationnelle : l’APAD crée du lien entre jeunes et aînés
Le 30 octobre 2025, l’Action des Partenaires pour l’Appui au Développement (APAD) a organisé une rencontre intergénérationnelle au CEFOD, axée sur la thématique « Politique, religion et culture au Tchad : facteurs de paix ou sources de tensions sociales ? » sous le patronage du ministre de la Jeunesse et des Sports.
Lors de cet événement, Meram Mahamat Morba, présidente du comité d’organisation, a exprimé sa gratitude envers le ministre, les partenaires et la jeunesse présente. Dans son discours de bienvenue, elle a souligné l’importance de la mémoire des aînés, porteuse de leçons tirées des luttes passées ainsi que des succès obtenus pour le développement du Tchad. Elle a également reconnu l’énergie créative et la vision d’un Tchad renouvelé portées par la jeunesse.
Pafing Guirki, coordonnateur technique de l’APAD, a mis en avant l’objectif majeur pour cette année 2025 : favoriser l’éducation aux droits humains, à la paix et à la citoyenneté. Cela passe par la promotion du dialogue entre les différents acteurs territoriaux et l’émergence de nouveaux leaders au sein des communautés.
La rencontre intergénérationnelle vise ainsi à renforcer les liens de fraternité, d’amitié et de solidarité entre les jeunes et les aînés, dans l’optique de réduire les tensions sociales et de propager la cohésion nationale pour une paix durable. L’APAD, depuis sa création, s’est engagée à développer des approches innovantes en matière de formation et d’apprentissage, en créant des espaces de partage d’expériences intergénérationnelles.
Guirki a souligné l’aspiration des jeunes à acquérir des connaissances, tout en ayant besoin de l’expérience des plus âgés pour renforcer leurs apprentissages et naviguer dans un monde en constante évolution. Il a également souligné que ces dernières années, la jeunesse tchadienne a été impliquée dans un conflit intergénérationnel concernant l’héritage et la relève politique.
Cette dynamique a amené l’APAD à interroger plusieurs problématiques cruciales : les aînés sont-ils réticents à transmettre leurs savoirs ? La jeunesse se détourne-t-elle de la politique par désintérêt, manque de capacité ou découragement ? Où se trouvent les leaders politiques et religieux pour orienter les générations futures ? Ces interrogations constituent une base de réflexion nécessaire pour construire un héritage consensuel vers un Tchad plus durable.
Durant de longues années, les relations entre politique, religion et cohésion sociale ont été considérées comme délicates à aborder. L’APAD estime qu’il est temps d’affronter cette réalité pour libérer la jeunesse des mensonges qui perdurent. Dans ce contexte, l’organisation plaide pour une approche responsable, respectueuse et fraternelle des enjeux soulevés afin d’élever les jeunes au rang d’acteurs influents du changement social.
Bichara Ahmat Gnonofi, représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, a souligné l’importance d’une coopération renforcée entre les générations. Lors de son allocution, il a insisté sur le fait que chaque individu est un acteur du changement et que le partage d’expériences entre les aînés et la jeunesse est essentiel pour préserver l’héritage culturel et politique du pays. Il a encouragé les jeunes à demeurer à l’écoute des plus âgés jusqu’à acquérir la maturité nécessaire pour devenir des leaders éclairés.
Ainsi, cette rencontre, au-delà des discussions théoriques, se veut un véritable lieu de rencontre et de dialogue entre les générations, une occasion de construire des ponts pour un avenir pacifié et solidaire au Tchad. Les acteurs impliqués espèrent qu’elle contribuera à bâtir une société tchadienne plus unie, prête à faire face aux défis d’aujourd’hui tout en réfléchissant aux aspirations des générations futures.