Renforcement de la sécurité aux frontières : le DGG du Mayo-Kebbi Ouest face aux enjeux de la présidentielle au Cameroun

La Sécurité Renforcée dans le Mayo-Kebbi Ouest à l’Aube des Élections Présidentielles au Cameroun

À moins de 48 heures des élections présidentielles au Cameroun, la sécurité s’impose comme une priorité dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, frontalière du Tchad. Ce vendredi 10 octobre 2025, Abdelmanane Khatab, délégué général du gouvernement pour cette province, a présidé une réunion élargie sur la question sécuritaire à sa résidence de Pala, soulignant l’importance de la vigilance à cette période cruciale.

Lors de cette réunion, qui a réuni diverses forces de sécurité, telles que la police nationale, la gendarmerie, les éléments de la zone de défense n°12, la garde nationale et l’Agence nationale de sécurité (ANS), l’accent a été mis sur la nécessité d’évaluer la situation actuelle et de renforcer le contrôle le long des frontières particulièrement sensibles. Selon Khatab, le but visé est de garantir une élection pacifique, en réduisant les risques d’incidents qui pourraient troubler le processus électoral.

Abdelmanane Khatab a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les forces de défense et de sécurité, qui depuis le début de l’année, ont intensifié leurs opérations de ratissage, entraînant une diminution significative des prises d’otages et une neutralisation de plusieurs éléments malveillants. « Vos efforts ont contribué à sécuriser la province. Cependant, la vigilance doit être à son maximum », a-t-il déclaré, conjurant les officiers présents à redoubler d’efforts.

Ce regain d’attention sécuritaire intervient dans un contexte tendu. Les autorités camerounaises sont préoccupées par une récente attaque terroriste survenue contre une base du BIR (Bataillon d’Intervention Rapide) dans le Mayo-Tchanaga, situé à l’extrême nord du pays. Cette incursion a ravivé les craintes quant à la sécurité aux frontières, d’où la directive précise du délégué général : il est impératif de doubler la vigilance autour de toutes les lignes frontalières.

Concernant la sécurité intérieure, Khatab a insisté sur l’importance pour la police nationale d’intensifier le contrôle routier et d’adresser toutes les formes d’insécurité urbaine. Par ailleurs, il a salué la récente signature d’un partenariat entre Cameroun et Tchad pour la lutte contre l’insécurité transfrontalière. Cet accord établit un cadre juridique permettant aux forces de défense tchadiennes de poursuivre des suspects sur le territoire camerounais, un développement crucial pour renforcer la coopération sécuritaire entre les deux nations.

« Beaucoup a été fait, mais il reste encore un long chemin à parcourir », a souligné Khatab, promettant d’améliorer les conditions de travail des forces de défense et de sécurité en leur offrant davantage de ressources logistiques.

L’importance de cette réunion et des mesures de sécurité prises reflète les préoccupations croissantes liées aux risques potentiels d’insécurité qui pourraient affecter la tenue des élections, un moment clé du processus démocratique camerounais. Dans un climat où les tensions politiques exacerbent les enjeux sécuritaires, les autorités semblent déterminées à conjuguer efforts et vigilance pour garantir un scrutin sécurisé, tout en renforçant la collaboration internationale nécessaire pour faire face aux défis transnationaux.

L’élection présidentielle se profile ainsi comme un test pour le Cameroun, non seulement sur le plan politique, mais aussi en matière de sécurité, dans un contexte régional où les défis d’insécurité sont de plus en plus préoccupants.