Renforcement des acteurs en santé mentale par l’OIM et Médecins du Monde
Santé mentale et soutien psychosocial : Formation cruciale au Tchad
L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en partenariat avec Médecins du Monde, a organisé une session de formation sur la santé mentale et le soutien psychosocial (SMSPS) à N’Djamena, Tchad. Cette initiative, tenue les 8 et 9 juin 2026, vise à renforcer les compétences des acteurs impliqués auprès des populations migrantes et vulnérables.
Contexte difficile
Le Tchad est confronté à une crise prolongée en raison de conflits régionaux, de déplacements forcés et des impacts du changement climatique. Depuis le conflit au Soudan déclenché en avril 2023, le pays accueille un nombre considérable de réfugiés soudanais et de Tchadiens retournés, ce qui exerce une pression sur le système de santé déjà fragile.
Selon les données récentes, le Tchad dénombre plus de 1,45 million de réfugiés, 225 689 déplacés internes et 24 408 retournés tchadiens. Ces populations souffrent de divers traumatismes psychosociaux, exacerbés par des situations de violence, de précarité économique et de séparations familiales.
Groupes vulnérables
Les études menées par Médecins du Monde Belgique en 2025 soulignent une détresse psychosociale importante parmi les déplacés, retournés et populations hôtes. Les femmes, adolescentes et jeunes sont particulièrement vulnérables, faisant face à des violences basées sur le genre, à des mariages précoces et à d’autres formes de discrimination.
Objectifs de la formation
L’OIM s’efforce de renforcer les capacités de son personnel, de ses partenaires opérationnels et des psychologues des ministères concernés. L’objectif principal est d’améliorer l’intégration de la santé mentale et du soutien psychosocial dans les interventions pour la migration et l’assistance des populations vulnérables.
La formation aborde plusieurs thèmes essentiels tels que les concepts fondamentaux de la santé mentale, l’intégration du SMSPS dans les programmes humanitaires, les premiers secours psychologiques, l’écoute active et la communication non violente.
Points de vue des responsables
Adoum Annour, secrétaire général du ministère de l’Action sociale, a souligné l’importance de prendre en compte les souffrances psychologiques souvent invisibles mais aux conséquences durables. « Les besoins en santé mentale et en soutien psychosocial sont cruciaux pour toute réponse humanitaire efficace », a-t-il déclaré.
De son côté, Atekmangoh Christina de l’OIM a rappelé l’ampleur des défis auxquels le Tchad est confronté. « Les besoins en santé mentale exigent une réponse structurée et coordonnée », a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité d’une intervention durable pour alléger le fardeau des populations affectées.
Perspectives
Cette initiative de formation marque une étape importante dans la prise en charge des populations vulnérables au Tchad. Elle renforce la nécessité d’une approche holistique pour intégrer la santé mentale dans les programmes humanitaires, afin de promouvoir la résilience et la dignité des individus touchés par ces crises.