Renforcer les services météorologiques et climatiques : un atelier pour anticiper les catastrophes naturelles

Renforcement des services météorologiques au Tchad : un atelier stratégique à N’Djamena

Le 13 février 2026, le gouvernement tchadien a lancé un atelier de haut niveau à N’Djamena, consacré à l’amélioration de la coordination des services météorologiques, hydrologiques et climatiques du pays.

Cet événement, marqué par la présence de la secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale, le Pr Celeste Saulo, et de la ministre de l’Aviation civile et de la Météorologie, Fatime Gougouni Weddey, a rassemblé des ministres sectoriels ainsi que des directeurs généraux des agences météorologiques d’Afrique centrale et de l’Ouest. La ministre Weddey a souligné dans son discours que l’Afrique, et le Tchad en particulier, subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, avec des phénomènes extrêmes tels que les inondations, les vagues de chaleur et les sécheresses. Face à ces défis croissants, l’alerte précoce est désormais au cœur de la stratégie nationale de résilience.

Sous l’égide du chef de l’État tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, le pays s’engage dans une modernisation profonde de ses infrastructures de surveillance climatique. Ce programme vise à fournir des informations fiables et accessibles, afin de protéger la vie et les biens des citoyens. Cela s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale "Early Warnings for All", orchestrée par l’Organisation météorologique mondiale, qui ambitionne d’atteindre une couverture universelle des systèmes d’alerte d’ici 2027.

En évoquant les avancées de l’Agence Nationale de la Météorologie du Tchad (ANAM), la ministre a mentionné plusieurs projets en cours, comme la réhabilitation d’anciennes stations météorologiques, l’installation de nouveaux postes pluviométriques à travers le territoire, ainsi que la mise en service imminente d’une station de surveillance de la qualité de l’air à N’Djamena. La création d’une salle de veille hydrométéorologique témoigne également de l’engagement des autorités à surveiller de près l’évolution des conditions climatiques. Elle a insisté sur la nécessité d’assurer un financement stable et une maintenance rigoureuse des équipements pour garantir l’efficacité de ces dispositifs.

La sécheresse et les fluctuations climatiques affectent non seulement le Tchad, mais plusieurs autres pays de la région. C’est pourquoi la ministre a évoqué l’importance de collaborer pour trouver des solutions communes. Elle a identifié trois axes essentiels pour garantir le succès de cette transformation : un financement opérationnel durable des services nationaux, une modernisation technologique accompagnée d’une alimentation énergétique stable pour les réseaux d’observation, et une coopération régionale renforcée pour le partage des données et l’interopérabilité des systèmes d’alerte.

Dihoulné Laurent, secrétaire général de l’ANAM, a quant à lui souligné que N’Djamena s’affirme comme une capitale régionale pour les services météorologiques et climatologiques. Il a rappelé que cet atelier fait suite à une rencontre régionale terminée le 12 février, qui avait pour thème les mécanismes de coordination définissant les systèmes d’alerte précoce. Selon lui, le défi ne se limite pas à une question technique ; il est également important de renforcer les capacités institutionnelles, de former continuellement le personnel et d’améliorer la qualité ainsi que la disponibilité des données.

Enfin, il a souligné le rôle crucial du partage d’expériences entre les pays d’Afrique centrale. Cela permettra de bâtir un cadre juridique harmonisé pour les services météorologiques de la sous-région, tout en prenant en compte le fait que les aléas climatiques mettent en péril l’agriculture, la santé publique, les ressources en eau et les infrastructures.

Dans ce contexte, la coordination des services météorologiques émerge comme un pilier fondamental de la sécurité nationale au Tchad. La transformation des engagements institutionnels en dispositifs opérationnels est désormais un enjeu vital capable d’anticiper et d’alerter sur les dangers climatiques, garantissant ainsi la protection des vies.