Réserves d’Or Mondiales : La Chine et la Pologne Pilotes d’un Achat
Les réserves mondiales d’or : La Chine et la Pologne à la tête d’une acquisition historique par les banques centrales
Malgré une légère baisse par rapport à des sommets historiques, le marché de l’or continue d’attirer l’attention des banques centrales en 2026, avec une stratégie d’accumulation menées par la Chine et la Pologne dans une quête de souveraineté économique. Un rapport de l’équipe de recherche de BestBrokers indique que les achats nets mensuels ont atteint 63 tonnes en septembre, ce qui témoigne d’un volume d’achats particulièrement élevé.
En s’appuyant sur des données du Conseil Mondial de l’Or et des prix de la London Bullion Market Association pour la mi-octobre 2026, le rapport souligne la stratégie d’accumulation adoptée par plusieurs pays depuis 2021 pour diversifier leurs réserves face à l’instabilité économique et géopolitique.
Leadership de la Chine et de la Pologne dans les acquisitions
De 2021 à 2026, la Chine et la Pologne ont largement dominé les achats mondiaux d’or. Chacune de ces nations a accru ses réserves de plus de 400 tonnes, atteignant respectivement 438,2 tonnes pour la Chine et 419,3 tonnes pour la Pologne. À des prix actuels du marché, ces réserves représentent environ 58,7 milliards de dollars pour la Chine et 56,2 milliards de dollars pour la Pologne.
L’Inde se classe au troisième rang avec 204 tonnes accumulées, évaluées à 27,3 milliards de dollars, suivie de la Turquie (137,4 tonnes), de l’Ouzbékistan (106 tonnes) et du Brésil (105,1 tonnes). À un niveau inférieur du classement, le Japon, la Thaïlande et la République tchèque affichent également une augmentation régulière de leurs actifs, se situant entre 76 et 81 tonnes.
Un tournant stratégique pour certaines nations
La trajectoire d’achats de certains pays indique un changement clair de politique. La Pologne, autrefois acheteur marginal, a considérablement intensifié ses acquisitions à partir de 2023, maintenant un rythme soutenu jusqu’en 2024 et 2025 avant d’atteindre 97,8 tonnes au cours des huit premiers mois de 2026. La République tchèque suit une dynamique similaire, avec des achats pour la période de janvier à août 2026 ayant déjà dépassé son total de l’année précédente.
Une quête d’indépendance stratégique
Pour Alan Goldberg, analyste senior chez BestBrokers, cet engouement pour l’or dépasse la simple gestion financière : « L’or a toujours occupé une place spéciale dans l’architecture de la richesse nationale : c’est à la fois un actif financier et une déclaration silencieuse d’indépendance. Pour les banques centrales naviguant dans un monde de solidarités politiques changeantes et d’endettement public croissant, le lingot offre une réserve qui échappe à la balance d’un autre gouvernement. »
L’expert souligne également que cette constance dans des économies aux profils très variés traduit une recherche d’autonomie face aux chocs externes, quelles que soient les motivations spécifiques de chaque État. Reste à savoir si cet appétit pour l’or perdurera face à une augmentation des prix, qui entraîne mécaniquement un coût plus élevé pour chaque tonne supplémentaire acquise.
En somme, la compétition accrue sur le marché de l’or et le renforcement des réserves par des pays tels que la Chine et la Pologne reflètent des stratégies économiques plus larges et une volonté de se protéger contre les incertitudes mondiales.