Restriction de voyage et gel des avoirs pour deux hauts responsables : quelles conséquences à venir ?
Enquête sur des fonctionnaires : mesures conservatoires prises par la justice
Le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de N’Djamena, Djouma Mahamadène Ali Oubey, a récemment pris des décisions judiciaires significatives à l’encontre de deux fonctionnaires tchadiens, Mahamat Massar Houd et Oumar Bourham Dahie, accusés de détournement de fonds publics et de complicité. Ces mesures intervenaient dans le cadre d’une enquête conduite par l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC).
Détails de l’enquête
Dans un premier temps, le 16 septembre 2025, Djouma Mahamadène Ali Oubey a émis une ordonnance interdisant à Mahamat Massar Houd de quitter le pays. Cette interdiction couvre également les déplacements internes, soulignant ainsi la nécessité de garantir l’intégrité de la procédure judiciaire en cours. Selon le juge, cette décision vise à assurer une transparence totale durant le processus d’enquête, pleinement consciente des enjeux liés à la recherche de la vérité.
Simultanément, une autre ordonnance datée du 9 septembre 2025 a été signée pour le blocage et le gel des comptes bancaires des deux inculpés. Les institutions concernées incluent des banques majeures au Tchad, telles que CORIS Bank Tchad, UBA Bank, et Ecobank. En plus du gel des avoirs, le magistrat a exigé des relevés de comptes complets afin de suivre l’évolution de l’enquête et de faciliter le travail des autorités judiciaire et financière.
De plus, le même jour que l’interdiction de voyage, deux autres décisions ont été prises en matière de saisie et d’identification des biens. Les biens, qu’ils soient mobiliers ou immobiliers, appartenant aux accusés, devront être placés sous main de justice dans l’ensemble du pays. L’identification de ces biens inclut un recensement des actifs fonciers à leurs noms, ce qui représente une approche proactive dans la gestion des biens liés à l’affaire.
Réaction des autorités et implications
Ces mesures conservatoires ont été confiées à plusieurs instances, notamment au directeur général du Cadastre et au directeur général des Domaines, ainsi qu’aux forces de l’ordre, chargés d’assurer leur mise en œuvre et de rendre compte au tribunal. Cette approche coordonnée souligne l’importance attribuée à la lutte contre la corruption au Tchad et l’engagement des institutions judiciaires à faire la lumière sur cette affaire.
L’AILC, depuis son establishment, agit pour renforcer les mécanismes de transparence et de reddition de comptes dans la gestion des ressources publiques. Cette dernière enquête s’inscrit dans un contexte plus large, où des cas similaires ont été traités, et démontre l’intention des autorités de s’attaquer à des problèmes systématiques dans la fonction publique. Les mesures prises dans cette affaire pourraient servir d’exemple et renforcer la confiance du public envers les efforts de lutte contre la corruption.
Conclusion
Pour l’heure, la procédure judiciaire suit son cours, et les décisions empruntent une dimension préventive afin d’assurer une enquête rigoureuse. Les ordonnances signées par le doyen des juges d’instruction, bien qu’elles visent à protéger le processus de justice, rappellent aussi que la lutte contre la corruption nécessite des actions concrètes et continues. Dans les semaines et mois à venir, l’évolution de cette affaire risque d’avoir un impact significatif sur le paysage institutionnel tchadien.