Retour des sites aurifères : les jeunes témoignent de leur calvaire à Koumra
Les Jeunes de Koumra Reviennent des Sites Aurifères du Nord : Récits d’un Calvaire
Dans la province du Mandoul, de nombreux jeunes originaires de Koumra font un retour progressif des sites aurifères situés dans le nord du Tchad. Attirés par la promesse d’un enrichissement rapide, ils avaient quitté leurs villages avec l’espoir de transformer leur quotidien. Cependant, les récits qu’ils rapportent sont loin des attentes initiales.
Mountangué Désiré, âgé de 24 ans, est l’un de ces jeunes. En quête d’un emploi qu’il ne trouvait pas dans sa région, il s’était laissé séduire par les histoires de fortune racontées par ceux qui étaient revenus. « On nous disait qu’en quelques semaines, on pouvait gagner ce qu’on ne gagne pas en plusieurs années au village. J’ai vendu mes chèvres et emprunté de l’argent pour financer mon voyage », confie-t-il.
Cependant, une fois sur place, la réalité s’est avérée bien plus rude. Guirkmadje, qui aujourd’hui vend des médicaments de façon ambulante, décrit son expérience comme éprouvante. « Nous travaillions pour nos patrons du matin jusqu’à la nuit, sous le soleil, dans la poussière, avec très peu de repos, sans parfois trouver la moindre quantité d’or significative », explique-t-il.
Les conditions de vie étaient également précaires. Sans vouloir révéler son identité, un autre jeune homme partage son témoignage : « Nous dormions dans des abris de fortune. L’eau était parfois difficile à trouver. Il n’y avait pas de centre de santé. Il arrivait que les puits s’effondrent sur les orpailleurs. Certains mouraient, d’autres étaient grièvement blessés. »
Les jeunes avaient souvent à faire face à des mauvais traitements. Certains ont fui les conflits, les menaces ou encore les humiliations. Natoïallah, revenu il y a quatre mois, décrit son parcours : « Après avoir travaillé pour trois patrons et économisé un peu d’argent, j’ai décidé de partir discrètement. Je ne voyais aucun avenir là-bas. » Il a depuis trouvé une nouvelle voie comme cordonnier, métier grâce auquel il parvient à subvenir à ses besoins.
Ces expériences douloureuses soulignent le manque d’opportunités économiques dans les provinces du sud du Tchad, incitant ainsi les jeunes à tenter leur chance ailleurs, parfois au péril de leur santé et sécurité. La demande pressante à l’égard des autorités locales est de créer davantage de possibilités économiques pour dissuader ces départs massifs vers des contrées où les promesses de richesse sont souvent illusoires.
À mesure que les retours se multiplient, ces histoires mettent en lumière non seulement les espoirs déçus des jeunes, mais surtout les dures réalités vécues dans les zones aurifères du nord du pays. La communauté espère que ces témoignages serviront d’alerte pour que les futures générations ne subissent pas de telles épreuves. Les initiatives de développement local et de création d’emploi pourraient être des solutions efficaces pour retenir les jeunes talents et éviter de nouveaux exodes périlleux.