Retour timide en classe à N’Djaména après la pause de la grève enseignants : l’éducation en jeu
Réouverture partielle des écoles à N’Djaména après une grève des enseignants
Ce lundi 2 mars, les établissements scolaires publics de N’Djaména ont rouvert après une grève de deux semaines initiée par le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET). Cependant, la reprise reste incertaine dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment dans les 6ᵉ, 7ᵉ et 9ᵉ arrondissements, où de nombreux enseignants ne se sont pas encore présentés.
Selon des observations sur place, plusieurs salles de classe dans ces zones sont restées vides ou à moitié remplies. Dès les premières heures, des élèves se sont présentés à l’école, mais ont dû repartir en raison de l’absence d’enseignants. Amina, une élève du Lycée Félix Éboué, a exprimé sa déception face à cette situation.
La situation est similaire dans plusieurs collèges, où le manque de personnel a conduit à l’annulation de cours ou au regroupement des classes, comme au lycée de Walia. Cette réouverture intervient après la suspension de la grève décidée lors de l’assemblée générale extraordinaire du SET le 28 février. Le syndicat avait appelé à la reprise pédagogique après avoir obtenu des assurances du gouvernement et de la Médiature de la République.
Le conflit trouve son origine dans un décret présidentiel signé en novembre 2025 par Mahamat Idriss Déby Itno, visant à revaloriser les indemnités des enseignants, incluant les primes de logement et de responsabilité, ainsi que l’indemnité de risque. Les enseignants ont protesté contre le retard de mise en œuvre du décret et le long délai de 45 jours proposé pour son application.
La grève, jugée illégale par les autorités, a entraîné la suspension des salaires des enseignants pour le mois de février, une décision dénoncée par le SET comme une mesure d’intimidation. Ce bras de fer a perturbé une grande partie du système éducatif public dans la capitale.
La médiation dirigée par le Médiateur de la République a facilité la suspension de la grève, perçue comme temporaire par les syndicats pour privilégier le dialogue et donner une chance aux engagements gouvernementaux. La situation reste néanmoins fragile, les écoles de N’Djaména continuant de fonctionner partiellement dans l’attente d’une résolution concrète.