Retrait de la CAN 2025 au Sénégal : un non-respect des critères juridiques, selon l’expert Koulamallah Adjib
Le retrait du titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal fait polémique
Le 17 mars dernier, une décision controversée a été rendue par le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) : le Sénégal s’est vu retirer son titre de champion d’Afrique, acquis lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Cette décision, émise bien après la conclusion du tournoi, a suscité de nombreuses critiques et exacerbations.
Retrait du titre sous tension
C’est à Rabat le 18 janvier 2026 que s’est déroulée la finale de la CAN 2025. Le Sénégal a battu le Maroc, pays hôte, 1-0 grâce à un but de Pape Gueye durant les prolongations. Cependant, le match fut marqué par des événements chaotiques en fin de rencontre. Un but sénégalais fut annulé et un penalty controversé fut accordé au Maroc, lequel fut manqué par Brahim Diaz. Ces décisions arbitrales ont poussé plusieurs joueurs sénégalais à quitter temporairement le terrain, selon certaines sources, encouragés par la star Sadio Mané. Le match a été interrompu pendant environ douze minutes avant de reprendre et de se conclure sous la direction de l’arbitre.
La Fédération royale marocaine de football a fait appel, arguant de l’irrespect du règlement par l’équipe sénégalaise. La CAF a jugé ce comportement comme une violation de l’article 82, qui traite de l’abandon du terrain sans autorisation arbitrale. En conséquence, elle a disqualifié le Sénégal, attribuant le titre au finaliste marocain.
Réactions et contestations juridiques
Adjib Koulamallah, juriste sportif et ancien membre du jury d’appel de la CAF, a contesté la légalité de cette décision. Selon lui, le règlement de la FIFA stipule que l’arbitre a l’autorité suprême pendant un match, et en l’occurrence, il avait choisi de faire reprendre la rencontre. Koulamallah a précisé que les conditions des articles 82, 83 et 84 du règlement de la CAN n’étaient pas remplies, soulignant qu’une interruption de douze minutes ne peut être considérée comme un abandon.
La Fédération sénégalaise de football (FSF) a exprimé son désaccord ouvertement. Elle a adressé une mise en demeure à la CAF et prévoit de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne, dernier recours possible pour contester cette décision qu’elle qualifie de plus politique que juridique.
Contexte et implications
Cette affaire soulève des interrogations sur l’influence de facteurs extérieurs dans les décisions des instances sportives africaines. Adjib Koulamallah n’a pas manqué de déplorer les pressions fréquentes sur ces organismes, insistant sur les implications néfastes pour l’image du football africain. La décision rappelle par ailleurs d’anciens dysfonctionnements judiciaires observés dans divers pays du continent.
L’impact de ce retrait pourrait aller au-delà des enjeux sportifs, remettant en question la crédibilité des instances dirigeantes et incitant à une réévaluation des pratiques arbitrales et disciplinaires au sein de la CAF.
Conclusion
En retirant le titre de la CAN 2025 au Sénégal, la CAF a non seulement bouleversé l’ordre sportif établi mais a aussi relancé un débat sur l’équité et la transparence des décisions dans le football africain. Le dossier est désormais entre les mains du TAS, à qui il reviendra de trancher sur cette affaire loin d’être close.