Sécheresse : l’agriculture en péril à Salamat
Salamat : la rareté des pluies met à rude épreuve les activités agricoles
La province du Salamat, située dans le sud-est du Tchad, fait face à des difficultés sans précédent en raison d’une faible pluviométrie enregistrée cette année. Cette situation critique inquiète les producteurs agricoles qui se heurtent à un avenir incertain. Les cultures de maïs, de riz et de berbéré, essentielles pour la subsistance locale, sont gravement compromises par le manque d’eau.
Le déficit hydrique constaté dans la région a eu pour conséquence désastreuse l’assèchement de certaines cultures et l’augmentation des attaques de parasites, des phénomènes qui contrastent fortement avec la saison précédente. Les producteurs, dont le quotidien dépend largement de l’agriculture, constatent avec inquiétude l’insuffisance des eaux qui peinent à atteindre leurs champs. Cette situation compromet gravement les perspectives agricoles, laissant les agriculteurs dans l’incertitude.
L’inquiétude est accentuée par l’absence de crue du Bahr-Azoum, un fleuve saisonnier crucial pour l’irrigation dans la région. Cette année, le niveau de ce cours d’eau demeure particulièrement bas, exposant davantage les cultures aux sécheresses. Achta Ali, une productrice locale, exprime son désarroi : « Seul Allah a le pouvoir de décision. Sinon, cette année, c’est vraiment difficile. Regardez ces tiges de maïs complètement sèches par manque de pluie », déplore-t-elle.
Khalid Ahmat, un autre agriculteur, partage cette inquiétude et note une différence frappante par rapport à l’année dernière. « La saison des pluies est totalement contraire à celle de l’année dernière. Nous avons tout perdu à cause du manque d’eau et maintenant, nous devons aussi faire face à l’apparition inattendue de chenilles et autres ennemis des cultures », explique-t-il.
Face à cette situation alarmante, les producteurs de la province implorent une intervention des autorités nationales. Brahim Souleymane, un agriculteur frustré, interpelle en ces termes : « Pourquoi dit-on que la province du Salamat est le grenier du Tchad ? C’est dans l’agriculture et le travail. Mais cette année, tout est sec. Il est crucial que les producteurs aient des produits efficaces pour lutter contre les ennemis des cultures et préparer la culture de décrue. »
Le délégué provincial de la Production agricole, Hamza Mahamat Zene, confirme que la province a subi un déficit hydrique généralisé. Cependant, il reste un espoir dans l’agriculture de décrue, notamment la culture du sorgho, car quelques pluies ont été enregistrées récemment. Cette alternative pourrait offrir une bouée de sauvetage aux agriculteurs en détresse.
Pour tenter de faire face à cette situation critique, les producteurs exhortent les autorités et les partenaires du secteur agricole à renforcer les moyens de lutte contre les ennemis des cultures, qui ont déjà commencé à endommager les plantations de haricots. Un soutien est également sollicité pour aider les exploitants à surmonter les défis posés par cette diminution des ressources en eau.
La situation au Salamat nécessite une attention particulière pour éviter une dégradation accrue de la sécurité alimentaire. Des mesures devraient être prises pour renforcer les infrastructures d’irrigation et soutenir les producteurs dans leurs efforts pour s’adapter aux nouvelles réalités climatiques. Les agriculteurs de la région sont confrontés à un défi de taille et appellent à une réponse rapide et coordonnée pour assurer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques.