senafet 2026 : émotions partagées et solidarité renforcée autour des pagnes 8 mars

La Vente des Pagnes pour la SENAFET Soulève des Débats sur les Prix

En ce 24 février, la quiétude habituelle de la salle Toumaï à la Maison nationale de la Femme s’est animée de l’arrivée de nombreux acheteurs de pagnes à l’occasion de la Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET). Pour certains, c’est un moment de joie et de célébration, bien que le prix soit jugé prohibitif par d’autres.

Dès 8 heures, le soleil décroît tranquillement sur la cour de la Maison nationale de la Femme où les premières clientes se pressent avec des visages rayonnants. Leur objectif est d’acquérir des pagnes, symbole de la fête tant attendue du 8 mars. Si l’ambiance est chaleureuse, la faible affluence trahit le malaise créé par des tarifs plus élevés que l’an passé.

Une acheteuse exprime sa satisfaction : « Cette année, la ministre a pensé à nous », déclare-t-elle, soulagée de repartir avec ses tissus. L’année précédente avait laissé des regrets, avec une pénurie de pagnes qui avait terni les célébrations : « C’était difficile de célébrer sans pagne. Cette année, je ne pars pas seule, j’en ai aussi pris pour mes cousines. »

Cependant, derrière la satisfaction de quelques-unes, le prix élevé demeure un sujet de mécontentement. « Les pagnes coûtaient 5 000 francs l’année dernière grâce à une subvention. Aujourd’hui, ils sont à 11 000 francs, ce qui n’est pas à la portée de toutes », confie une autre cliente.

Achta Adoum Béchir, présidente d’une association féminine, abonde dans le même sens : « À ce tarif, nos organisations ne peuvent pas se permettre d’en acheter pour toutes nos membres. Si le prix était resté à 5 000, même nos sœurs des zones rurales auraient pu participer. »

Curieusement, cette vénération pour le pagne ne se limite pas aux femmes. Quelques hommes ont également fait le déplacement pour se procurer ces fameux tissus, que ce soit pour leurs épouses, leurs proches ou même leurs employés. Le propriétaire d’un restaurant, vu parmi les acheteurs, témoigne que la fête du 8 mars transcende le féminin pour mobiliser toute la société.

Malgré les critiques, la disponibilité des pagnes cette année est source de contentement. Un grand soulagement pour beaucoup qui se remémorent l’absence de ces tissus l’année précédente. « Sans pagnes, la participation au 8 mars dernier avait été réduite. Cette fois, nous sommes enthousiastes », confie une participante.

Les débats autour des pagnes ne s’arrêtent pas aux prix ou à leur disponibilité. Certaines femmes remettent en question la qualité du tissu. Elles expliquent que bien que la couleur blanche soit attrayante et résistante au lavage, la qualité reste en deçà des attentes, avec des doutes exprimés sur la compatibilité du tissu avec leurs activités quotidiennes.

Rappelons que, malgré cette focalisation sur les pagnes, la date du 8 mars revêt une dimension bien plus large. C’est une journée mondiale dédiée à la promotion de l’égalité des sexes et à la défense des droits des femmes, soulignant les progrès accomplis ainsi que les défis persistants.

La SENAFET illustre ainsi le paradoxe d’une fête à la fois célébratrice des acquis féminins et révélatrice des disparités économiques qui persistent.