Sénateur Foullah : ses avocats exigent le respect de la Constitution
Les avocats du sénateur Ibrahim Foullah appellent au respect de la Constitution par la FTFA
À N’Djaména, la tension ne cesse de croître entre la Commission de discipline et d’éthique de la Fédération tchadienne de football association (FTFA) et le sénateur Ibrahim Wang-laouna Foullah Norbert, ancien vice-président de l’organisation. Le 3 septembre, les avocats du sénateur ont convoqué un point de presse pour exprimer leur désaccord suite à la convocation de leur client par la FTFA. Ce dernier est accusé d’avoir tenu des propos jugés « désobligeants et diffamatoires » envers le ministre des Sports, Naïr Abakar, lors d’un débat parlementaire tenu au SÉNAT le 29 juin dernier.
Lors de cette rencontre parlementaire, Ibrahim Foullah a vivement interpellé le ministre des Sports sur des promesses non tenues d’un montant de cinq milliards de francs CFA en faveur d’Idriss Youssouf Boy, un détenu de la Fédération. Le ministre Abakar, ancien vice-président du Comité de normalisation de la FTFA, a qualifié ces propos d’« attaques personnelles et infondées », déclenchant ainsi la réaction de la Commission de discipline qui exige des preuves matérielles de ces allégations sous huit jours.
Face à ce qu’ils estiment être une atteinte à la liberté parlementaire, les avocats du sénateur Foullah ont fermement rappelé les dispositions de l’article 118 de la Constitution tchadienne. Selon cet article, « aucun parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé pour des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions ». Le collectif juridique soutient que cette convocation constitue une violation du statut protégé de leur client en tant qu’élu du peuple.
Pour éclaircir la situation, une séance de confrontation entre les parties a été organisée le 3 septembre. Jean Sirina, l’un des avocats du sénateur, a profité de cette occasion pour alerter l’opinion publique sur la nature de la procédure entreprise par la FTFA, qu’il juge contraire aux principes constitutionnels et au règlement intérieur du SÉNAT.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour le football tchadien. Le fonctionnement du Comité de normalisation (CONOR), qui gère provisoirement les affaires de la FTFA, est également sujet à des litiges juridiques. La décision récente d’un tribunal suspendant une assemblée générale élective a mis en exergue des désaccords internes qui ne semblent pas près de se résoudre.
L’action de la Commission de discipline soulève donc des questions cruciales sur l’équilibre nécessaire entre le respect de la liberté d’expression des parlementaires et la protection contre la diffamation au sein des institutions sportives du pays. Alors que la FTFA s’en tient à ses mesures disciplinaires, les avocats du sénateur Foullah ont réitéré leur engagement à défendre les droits constitutionnels de leur client.
Dans un climat de football dramatique, où les voix s’élèvent pour dénoncer des ingérences, le dénouement de cette confrontation pourrait bien avoir des répercussions sur l’articulation entre le pouvoir judiciaire et le respect des prérogatives parlementaires au Tchad. L’affaire suit son cours, et pour l’instant, tous les regards demeurent braqués sur les réponses officielles de la Commission et les éventuelles suites judiciaires de cette querelle aux ramifications politiques et sportives.