Sénégal : le gouvernement souhaite alourdir les peines pour actes homosexuels, un débat controversé s’engage
Sénégal : Le Projet de Loi sur le Renforcement des Sanctions Contre les Actes Homosexuels
Le gouvernement sénégalais projette de renforcer les sanctions légales concernant les relations homosexuelles, avec un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale. Ce texte prévoit de durcir les peines dans un cadre législatif déjà sévère, accentué récemment par des affaires médiatiques.
Le conseil des ministres a annoncé avoir finalisé un projet amendant l’article 319 du code pénal. Ce texte inclura une définition plus précise des "actes contre nature", un durcissement des peines, et l’intégration de sanctions pour apologie et financement de telles pratiques. Actuellement, cet article prévoit des peines de deux à cinq ans pour des attaques à la pudeur sur des mineurs de moins de 13 ans, ainsi que d’un à cinq ans pour les actes homosexuels entre adultes consentants. Toutefois, les détails du renforcement des peines n’ont pas été explicités.
Cette initiative s’inscrit dans un climat marqué par une série d’arrestations en début février. Douze hommes, dont des personnalités publiques, ont également été appréhendés pour "actes contre nature". Certains sont accusés de transmission volontaire du VIH. Par ailleurs, cinq individus, incluant un journaliste de la télévision publique, ont également été arrêtés pour des affaires similaires. En parallèle, les autorités ont démantelé un réseau international de pédocriminalité actif entre le Sénégal et la France, conduisant à quatorze arrestations à Dakar.
Les médias et les réseaux sociaux sénégalais ont souvent amalgamé ces deux affaires, alimentant ainsi des discours homophobes et des appels à la délation. Cela a suscité la réaction de Human Rights Watch, qui dénonce l’utilisation des lois anti-LGBT et appelle à la libération des personnes arrêtées, soulignant que cela ravive les préoccupations sur la criminalisation des relations homosexuelles dans le pays.
La décision de durcir la législation s’accompagne d’une forte polarisation de l’opinion publique sénégalaise, où les traditions conservatrices se heurtent à une société de plus en plus ouverte. Les nouvelles mesures pourraient ainsi avoir un impact significatif sur les droits des personnes LGBTI, à la fois au Sénégal et dans la perception internationale du pays.
En conclusion, la proposition d’amendement de la loi sénégalaise sur les relations homosexuelles s’inscrit dans un contexte tendu et pourrait transformer profondément le cadre juridique et social autour de ces questions. Le débat autour de cette législation s’annonce intense, tandis que ses répercussions, tant nationales qu’internationales, pourraient être considérables.