Sénégal : nouveau devoir de transparence pour le président

Sénégal : Adoption d’une loi imposant la déclaration du patrimoine des hauts responsables de l’État

Le lundi 17 août 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté une loi renforçant les obligations de transparence et de reddition des comptes pour certains des principaux dirigeants de l’État. Cette initiative législative prévoit que le président de la République, ainsi que d’autres hautes personnalités comme le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, doivent désormais déclarer leur patrimoine tant à leur entrée qu’à leur sortie de fonction.

Le contexte antérieur à cette nouvelle loi obligeait uniquement le chef de l’État à soumettre une déclaration de patrimoine au début de son mandat. Avec cette réforme, adoptée par 133 députés sur un total de 165, le Sénégal vise à renforcer les mécanismes de transparence dans la gestion des affaires publiques. Désormais, la déclaration doit être déposée auprès du Conseil constitutionnel, dans un délai de trois mois suivant la prise ou la cessation de leurs fonctions.

La proposition initiale, portée par le parti Pastef sous la direction d’Ousmane Sonko, concernait exclusivement le président de la République. Toutefois, un amendement du gouvernement élargissant la portée de cette obligation au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale a été intégré, montrant une volonté affichée de promouvoir un équilibre institutionnel. Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, a soutenu l’extension de cette exigence, affirmant que cette mesure s’inscrit dans le renforcement de l’équilibre institutionnel.

Parmi les défenseurs de la loi, Fatou Diop Cissé, députée du groupe Pastef, a exprimé son soutien vigoureux, considérant cette réforme comme un outil essentiel pour accroître la transparence. Selon elle, la déclaration et la publication du patrimoine à deux moments clés du mandat présidentiel permettront de renforcer la transparence et de promouvoir la reddition de comptes, contribuant ainsi à réduire les risques d’enrichissement injustifié des hauts responsables. « L’objectif est de mettre fin à l’opacité et aux enrichissements sans explication », a-t-elle déclaré.

En parallèle, le gouvernement a indiqué son intention d’aller encore plus loin dans le cadre de la transparence publique. Le ministre de la Justice a fait savoir qu’une nouvelle proposition du président Bassirou Diomaye Faye serait bientôt introduite. Cette dernière viserait à inclure l’obligation de déclarer son patrimoine dès le dépôt de candidature à l’élection présidentielle, marquant ainsi un pas supplémentaire vers la transparence dans le processus électoral.

Cette initiative législative fait écho à d’autres efforts pour renforcer la gouvernance au Sénégal. Bien que les défis soient nombreux, la réforme représente un engagement significatif envers la transparence et la responsabilité gouvernementale, des valeurs essentielles pour renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions.