Sila : Refugiés et hôtes restaurent l’environnement
Sila : Le projet « ResiTchad » mobilise réfugiés et communautés locales pour restaurer l’environnement
Dans la province du Sila, à l’est du Tchad, l’afflux massif de réfugiés soudanais met à rude épreuve les ressources naturelles déjà fragilisées par le changement climatique. La demande croissante en bois de chauffe dans les zones d’accueil aggrave la raréfaction des ressources ligneuses, menaçant l’équilibre des écosystèmes locaux. C’est dans ce contexte préoccupant que le Projet de Développement Territorial et de Résilience au Tchad, nommé ResiTchad, intervient pour atténuer les impacts environnementaux de cette crise humanitaire.
ResiTchad, mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM), a intégré un volet environnemental ambitieux focalisé sur le reboisement et la régénération naturelle assistée (RNA). À Zabout, un camp de réfugiés situé à 47 kilomètres de Goz-Beïda, plus de 54 000 personnes déplacées ont trouvé refuge, exerçant une pression croissante sur les ressources naturelles environnantes.
Pour répondre à ces défis, le projet a créé une initiative de reboisement sur une superficie de 300 hectares dans le village voisin de Baouda. Cet effort collectif rassemble 2 394 ménages, composés de populations hôtes et réfugiées, autour d’un objectif commun : planter 30 000 arbres forestiers. Ces arbres non seulement contribuent à réduire l’érosion hydrique mais offrent également de l’ombre indispensable aux populations réfugiées.
Le responsable du volet RNA de ResiTchad souligne que « l’objectif est de protéger l’écosystème tout en répondant aux besoins immédiats des communautés ». Les activités de reboisement visent à endiguer la dégradation environnementale tout en renforçant la coopération entre réfugiés et habitants locaux.
Cependant, la question de l’exploitation du bois reste un sujet épineux. Les communautés hôtes, généralement informées des réglementations environnementales, voient d’un mauvais œil l’ignorance des réfugiés sur ces pratiques. Cette méconnaissance pourrait exacerber les tensions et mettre en péril les efforts de coexistence pacifique. ResiTchad s’engage donc à sensibiliser ces groupes et à promouvoir des pratiques durables.
Face à la pénurie des ressources ligneuses, le projet a formé des femmes réfugiées à l’usage de foyers améliorés, qui consomment moins de bois. Ces équipements innovants visent à réduire la dépendance au bois, contribuant ainsi à alléger la pression sur les ressources forestières. Cette initiative se révèle doublement bénéfique : elle réduit le temps consacré à la collecte du bois tout en limitant l’impact environnemental.
En somme, le projet ResiTchad incarne un modèle de résilience et d’adaptation aux défis environnementaux pressants. En associant les réfugiés aux actions locales de restauration écologique, il favorise une approche inclusive et durable du développement territorial.
Pour les acteurs engagés, la collaboration entre communautés réfugiées et hôtes autour d’objectifs écologiques partagés représente une avancée significative vers une coexistence harmonieuse. Cette initiative, en renforçant la sécurité environnementale et sociale dans la province du Sila, pourrait bien servir de modèle pour d’autres régions confrontées à des défis similaires.