Soldjim Bouloumbé : transformer le monde rural au féminin

Dans un domaine encore largement dominé par les hommes, Soldjim Bouloumbé se distingue par sa détermination et son calme assurés, transformant sa passion pour l’agriculture en une vocation professionnelle inspirante.

Soldjim Bouloumbé, originaire de N’Djamena, est la benjamine de sa famille. Très jeune, elle développe un intérêt marqué pour la nature, prenant en charge de petits jardins devant la concession familiale. Son parcours scolaire démarre avec l’obtention de son certificat d’études primaires en 1999, suivie par le BEPC en 2003, puis le baccalauréat en 2006. En 2011, elle décroche un diplôme de conducteur de travaux agricoles à l’École des techniques d’agriculture de Ba-Illi, affirmant ainsi son engagement envers le développement rural. Fortifiant ses compétences, elle poursuit avec une licence en agro-pastoralisme.

Pour Soldjim, le monde rural ne se limite pas à la terre. C’est une mosaïque de richesses incluant l’élevage, les ressources naturelles, et les possibilités offertes aux communautés rurales, notamment dans les villages et les ferricks. Son travail sur le terrain, principalement dans la sous-préfecture de Balimba, consiste à collaborer avec des groupes de femmes et de jeunes engagés dans l’agriculture, l’élevage et le maraîchage. « Mon rôle est de les former, de les guider, et de proposer des méthodes pour optimiser leurs productions. À Balimba, les femmes et les jeunes ont fait des avancées notables dans le maraîchage, cultivant des produits comme la laitue, les aubergines, les carottes et les tomates », précise-t-elle.

Malgré ses nombreuses responsabilités, Soldjim accorde une place primordiale à sa famille, prouvant qu’on peut être à la fois professionnelle et mère. « Travailler dans un environnement masculin présente des défis. Les regards, les jugements et certaines pesanteurs culturelles traditionnelles peuvent être des obstacles », déclare-t-elle.

Dans plusieurs régions du Tchad, voir une femme diriger des activités agricoles ou superviser des hommes demeure atypique. Pourtant, Soldjim avance avec assurance, convaincue que la compétence et le travail finissent toujours par prévaloir. Son ambition est de créer sa propre ferme, illustrant ainsi le potentiel économique du développement rural. Elle encourage également d’autres femmes et jeunes filles à croire en elles.

À l’occasion de la Semaine nationale de la Femme tchadienne 2026 et de la Journée internationale des Femmes, Soldjim Bouloumbé incite ses consœurs à se former davantage, renforcer leur solidarité, et avancer avec confiance.