Soudan : crise économique, santé menacée

Soudan : Une crise économique paralysante met en péril le secteur de la santé et les générations futures

Le Soudan est plongé dans une crise économique dévastatrice depuis la reprise de la guerre civile en avril 2023, conduisant à l’effondrement du système de santé du pays. Ce scénario alarmant inquiète quant à l’avenir des nouvelles générations, confrontées à un manque criant de traitements médicaux et de vaccins essentiels.

Sous l’administration du gouvernement de Port-Soudan, mené par Abdel Fattah al-Burhan, commandant des forces armées, le pays peine à fournir des services de santé adéquats. Les ressources nationales, détournées vers l’économie de guerre et l’achat d’armes auprès de nations telles que la Turquie et l’Iran, ne laissent que peu de marge pour le secteur médical. Cette orientation compromet sérieusement la lutte contre les maladies et les épidémies.

Effondrement économique et impact sur la santé

Cette crise n’est pas sans conséquences sur l’économie, autrefois stable, du Soudan. La monnaie nationale s’est effondrée à un niveau historique, avec un dollar américain désormais échangé contre 600 000 livres soudanaises. Ce déclin économique s’accompagne d’une contraction impressionnante du produit intérieur brut, qui a chuté de 29,4 % en 2023 et de 13,5 % l’année suivante, selon la Banque africaine de développement.

Le taux de pauvreté a explosé, touchant désormais environ 71 % de la population, soit une hausse significative par rapport à la période précédant la guerre. En conséquence, 23 millions de personnes vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté, une situation aggravée par une insécurité alimentaire sans précédent. Les Nations unies estiment que 25 millions de Soudanais sont confrontés à une grave crise de la faim.

Système de santé en ruine

L’Organisation mondiale de la Santé rapporte qu’environ 38 % des établissements de santé ont cessé leurs activités, notamment dans la capitale Khartoum, où seuls 14 % des centres de santé fonctionnent encore. Beaucoup d’hôpitaux ont été transformés en camps militaires, accentuant la crise sanitaire. Près de 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, tandis que la couverture vaccinale a chuté de 90 % à 51 %.

Les femmes soudanaises ne sont pas épargnées, avec plus d’un million ayant besoin de soins de santé reproductive, mais peu de services sont disponibles en raison du manque de personnel et de fournitures. Le taux de mortalité maternelle a augmenté de 30 %, tandis que les accouchements supervisés par des professionnels de la santé sont passés de 85,9 % à 77 %.

Atteintes aux infrastructures médicales

La violence a considérablement perturbé les opérations des établissements de santé. Depuis le début de la guerre, il y a eu plus de 201 attaques contre ces infrastructures, causant de nombreuses pertes parmi le personnel médical et les patients. Les bombardements des hôpitaux et écoles par l’armée soudanaise, principalement dans les zones sous contrôle des Forces de soutien rapide, ont été documentés par des experts des Nations unies.

Les pillages persistants dans les zones administrées depuis Port-Soudan aggravent la situation, forçant médecins et infirmiers à fuir en raison des menaces pesant sur leur sécurité. Avec le redéploiement des forces militaires vers le front, le vide sécuritaire est comblé par des bandes criminelles et des groupes extrémistes qui exploitent cette vulnérabilité à leur profit.

La situation désastreuse au Soudan appelle à une réponse urgente, notamment de la part de la communauté internationale, pour amoindrir les souffrances de la population, remettre en marche le système de santé et stabiliser l’économie afin de préserver l’avenir des prochaines générations.