Soudan : les femmes célèbrent leur journée en plein conflit cruel

Guerre et souffrance : les femmes soudanaises en première ligne

Depuis trois ans, le Soudan est dévasté par un conflit violent opposant l’armée, sous la direction du Général Abdel-Fattah Al Burhan, aux forces de soutien rapide du Général Mohamed Hamdan Dogolo. Dans ce climat de terreur, les femmes soudanaises se trouvent en première ligne, confrontées à des défis immenses.

Zahra Haidar, directrice de l’organisation Waei, a fui Khartoum pour trouver refuge en Égypte, laissant derrière elle son domicile et le corps de sa tante. Son expérience reflète celle de nombreuses Soudanaises plongées dans le chaos depuis le début des hostilités.

Dans une déclaration à DW le 8 mars 2026, Zahra a souligné les difficultés que rencontrent les femmes déplacées et réfugiées, obligées de survivre dans des conditions précaires. Les traumatismes sont profonds, car ces femmes doivent s’adapter à une vie incertaine après avoir perdu leur stabilité et leurs moyens de subsistance.

La vie dans les camps est particulièrement difficile. Zahra décrit un quotidien marqué par la tristesse et la peur, les femmes étant souvent les seules responsables de leur famille dans des conditions extrêmes. Elles luttent pour assurer la survie de leur foyer, tout en faisant face aux menaces sécuritaires des pays d’accueil.

Des rapports des Nations unies révèlent que plus de 11 millions de personnes sont déplacées au Soudan, tandis qu’environ trois millions ont cherché refuge au-delà des frontières. La majorité de ces déplacés sont des femmes et des enfants, exposés à la faim, au manque de soins de santé, et à des exploitations potentielles dans des camps surpeuplés carencés en protection contre les violences sexuelles.

L’Organisation Amal pour les droits humains et la justice au Soudan a confirmé la situation critique des femmes dans les zones rurales, privées de services et de communications essentielles. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, l’organisation a souligné l’importance de la participation féminine dans les processus de négociation pour construire une paix durable.

Historiquement, les femmes soudanaises ont supporté le poids d’une discrimination institutionnalisée, exacerbée par la domination masculine dans les institutions militaires et de sécurité. Malgré l’abolition de certaines lois discriminatoires après la Révolution de 2019, l’esprit de ces lois persiste à travers des pratiques intimidantes, allant de la diffamation à l’agression.

Cette situation complexe est également influencée par la présence des Frères musulmans dans les structures de pouvoir depuis 2023. Récemment, le département d’État américain a inscrit ce groupe sur la liste des terroristes mondiaux, cherchant à tarir leurs ressources et à isoler leur influence.

À travers les épreuves qu’elles endurent, les femmes soudanaises continuent de démontrer une résilience remarquable, jouant un rôle crucial dans le soutien de leurs communautés. Leur implication demeure essentielle pour espérer un avenir pacifique et stable dans un Soudan en proie à la violence.

Ces défis illustrent l’importance de reconnaître et de soutenir le rôle des femmes dans la résolution des crises, car ignorer leur contribution ne ferait qu’aggraver les souffrances et retarder le rétablissement d’une paix durable.