Soutien aux victimes de torture : Témoignage poignant de Noyoma sous le régime Habré
Titre : Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture : Un témoignage poignant sur les atrocités du régime Habré
Les récits des survivants des prisons sous le régime de l’ancien président tchadien Hissène Habré constituent un rappel poignant des graves violations des droits humains de cette époque. Noyoma Kouvounsouna Jean, ancien détenu, partage son histoire marquante des tortures subies suite à son arrestation par les services de sécurité.
Tout commence alors que Noyoma est en mission de service à N’Djamena, après avoir été en poste à Sarh. Il utilisait un véhicule administratif lorsqu’il a rendu un service à l’ambassade de Libye au Tchad. Cet acte conduit à son arrestation.
« C’est suite à ce service rendu qu’on m’a arrêté ici à N’Djamena. J’étais arrêté par Mahamat Djibrine El-Djonto, coordinateur de la DDS », raconte-t-il.
Conduit dans les locaux de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), Noyoma subit trois jours d’interrogatoires brutaux. Enchaîné, il est forcé à ingurgiter de l’eau sous pression.
Après cette première détention, il est transféré à la Brigade d’Intervention Rapide avant de rejoindre le Camp des Martyrs, lieu de souffrances extrêmes. Les conditions de détention sont inhumaines, et il se remémore la promiscuité extrême dans une cellule minuscule.
« On ne voyait jamais le jour au Camp des Martyrs. Nous étions dans une petite cellule de 1,50 mètre sur 2 mètres. Nous étions six dedans », se souvient-il.
La nourriture, distribuée une fois par jour, est insuffisante et d’une qualité déplorable. « À 18h30, on nous amenait des boulettes comme ration, une fois par jour. C’était préparé dans des fûts rouillés », témoigne-t-il.
Les détenus font face à des traitements humiliants au quotidien. « Parfois, on vous met dans une toilette avec les asticots et les moustiques. Les asticots vous grimpent dessus, vous ne pouvez même pas vous asseoir », ajoute-t-il.
Sa libération arrive après plusieurs mois de détention, à la suite d’un référendum remporté par le camp du « Oui », qui incite Hissène Habré à libérer certains détenus.
Des décennies plus tard, le témoignage de Noyoma Kouvounsouna Jean conserve une résonance forte, évoquant les souffrances endurées par de nombreux Tchadiens sous le régime Habré. En cette Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, son récit incite à se souvenir des victimes et à poursuivre la lutte contre toutes les formes de torture et de traitements inhumains.
Le témoignage de Noyoma est une pièce significative du puzzle historique Tchadien, rappelant la nécessité de lutter pour la mémoire, la justice, et la réconciliation. La persistance des préoccupations liées aux droits humains demeure un défi crucial pour le pays, soulignant l’importance des efforts continus pour éradiquer la torture et garantir le respect des droits fondamentaux.