Surveillance épidémiologique : Abéché accueille une réunion cruciale pour l’est

Réunion cruciale pour renforcer la santé dans l’est du Tchad

Les autorités sanitaires des provinces du Ouaddaï, de Wadi Fira et de Sila se sont rassemblées pour évaluer les avancées et défis de la surveillance épidémiologique et de la vaccination sur la période 2024-2025.

Mardi 27 janvier 2026, la délégation sanitaire du Ouaddaï a accueilli un atelier décisif sous la coordination d’Abakar Hissen Didigui, secrétaire général de la province. Ce rendez-vous a réuni des acteurs clés de la santé afin d’examiner de manière rigoureuse les résultats obtenus dans la lutte contre les maladies infectieuses et évaluer les progrès en matière de couverture vaccinale.

Défis et Progrès

Durant la période 2024-2025, les provinces concernées ont fait face à des mouvements de population et à des conditions climatiques difficiles, compliquant la gestion épidémiologique. Cet atelier avait pour objectif d’analyser les taux de vaccination et l’efficacité des systèmes d’alerte précoce.

Le délégué provincial, Dr Abdelmahamoud Chene, a mis en avant les succès du Tchad, notamment depuis que le pays a été déclaré exempt de polio par l’OMS en juin 2016. De plus, la couverture vaccinale pour le vaccin pentavalent a connu une augmentation significative, passant de 37 % en 2017 à 68 % en 2025.

Contexte et Réactions

Avec des maladies telles que le paludisme, la rougeole et la diphtérie affectant lourdement la population, la coordination des efforts sanitaires est plus critique que jamais. Adaman Ouedraogo, chef du bureau Unicef à Abéché, a exprimé sa gratitude envers les autorités locales pour leur soutien indéfectible aux initiatives de santé publique.

Le bilan provisoire pour 2025 fait état de chiffres préoccupants : plus de 4,8 millions de cas de paludisme, avec 3 349 décès, et une recrudescence inquiétante de la diphtérie. Ces statistiques soulignent l’urgence d’une surveillance renforcée et d’une meilleure réponse aux épidémies.

Perspectives d’avenir

Face à ces enjeux, l’accent est mis sur le renforcement de la Surveillance intégrée de la maladie et de la riposte (SIMR), ainsi que sur l’extension de la surveillance communautaire. Cet atelier a permis d’identifier des « zones d’ombre », nécessitant une intensification des efforts du Programme élargi de vaccination (PEV).

Les participants ont discuté de l’importance de la digitalisation et de l’accélération des systèmes de notification pour prévenir la propagation des épidémies. L’harmonisation des interventions entre les trois provinces est également considérée comme essentielle pour garantir une couverture sanitaire cohérente et efficace.

Cet atelier témoigne de l’engagement des autorités locales et de leurs partenaires internationaux à améliorer la santé publique dans l’Est du Tchad, renforçant ainsi la résilience face aux crises sanitaires futures.